ART | EXPO

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21 Jan - 13 Mar 2021
Vernissage le 21 Jan 2021

Chacun a eu sa manière de s’échapper pendant le confinement. L'artiste new-yorkaise Trudy Benson s'est libérée par la couleur. Elle expose à la galerie Ceysson & Bénétière de Saint-Étienne ses grands formats aux couleurs pimpantes, qui semblent vouloir s'arracher de la toile.

Pour sa troisième exposition personnelle en France, intitulée /Z/Z/, Trudy Benson a réalisé une série de toiles abstraites qui jouent avec l’espace et les dimensions. Les motifs extrudés, peints à la bombe ou au pinceau, évoquent à la fois les carreaux d’un édredon et les premières œuvres cinétiques, dans un mélange ludique et régressif.

Trudy Benson. Le geste, hors des écrans

Alors que les écrans sont aujourd’hui partout et qu’on n’imaginerait plus vivre sans, c’est une petite révolution que d’en revenir à la matérialité de la toile. Trudy Benson en joue : elle cherche l’art dans le processus, dans le hasard du geste plus que dans l’œuvre achevée, elle fait gicler la peinture à même le tube, sur des œuvres en relief, pour rendre à la main, à l’œil, au corps leur rôle créatif.

La répétition même des motifs semble se moquer de l’infinie reproductibilité des œuvres numériques. Mais ces motifs géométriques répétés naissent à chaque fois d’un geste unique, de la rencontre du relief extrudé et modelé de la toile avec la peinture, parfois posée à l’impasto, directement du tube sur le tableau. Il en résulte des œuvres en trois dimensions, irréductibles à un écran, qui dépassent la dimensionnalité de la toile et vivent, hors du mur.

Trudy Benson. Une toile vivante

 Rien de virtuel dans ces œuvres : elles n’existent que parce qu’elles sont réalisées, dans la rencontre d’un instant. Et elles s’imposent au spectateur, par leur format, par leur relief, et par la vivacité de leurs couleurs qui semble ne pas connaître de limite. Ces couleurs pétantes, lumineuses, électrisent des motifs fantasques, dans une démarche qui laisse toute sa place à l’imagination et au hasard.

On y retrouve l’influence dadaïste de Jean Arp, l’art de l’équilibre et de la non-figuration des abstraits, quelque chose de la bande dessinée, le mouvement des cinétiques, et bien sûr des évocations de l’art numérique, pour un résultat inclassable, vivant, et vibrant.