ART | EXPO

Trois cent cinquante kilogrammes par mètre carré

24 Mai - 26 Août 2012
Vernissage le 23 Mai 2012

Simon Starling, artiste conceptuel, est considéré comme l'un des artistes britanniques les plus audacieux de la scène internationale. En traversant les frontières comme les époques, l’artiste impulse des mouvements et des principes de mutation.

Simon Starling
Trois cent cinquante kilogrammes par mètre carré

Le processus créatif de Simon Starling tire son origine d’une enquête, souvent historique, voire archéologique, parfois sociologique et politique. En cela, son art peut être qualifié de «conceptuel» puisqu’il emprunte une structure de pensée que l’on rattache généralement à d’autres disciplines et que ce n’est pas la forme qui induit le concept, mais le concept qui détermine la forme de ses œuvres. Simon Starling s’attache avant tout au contexte dans lequel son travail émerge: l’histoire d’un lieu, ses mutations, sa charge symbolique en sont les matériaux premiers.

Ainsi, pour cette exposition qui rassemble des pièces conçues et produites spécialement pour la Kunsthalle, Simon Starling a travaillé avec des historiens spécialisés du patrimoine industriel. Il a visité d’anciens sites de production. Il a consulté les archives locales. Il a puisé sa matière directement dans la mémoire riche de la ville et du bâtiment, dans le patrimoine ouvrier et dans le glissement de l’activité industrielle vers une production nouvelle, intellectuelle et artistique: de la fonderie à l’université et au centre d’art, liant les deux intrinsèquement. Les matériaux trouvés dans les usines voisines de la Kunsthalle, originellement produits à la Fonderie, sont à la source des œuvres d’art (sculptures, collages, installations).

La démarche de Simon Starling esquisse un discours sur le rôle de l’artiste inscrit dans la cité et sa mémoire collective. L’exposition épouse les principes structuraux qui fondent le lieu: à la fois industriels (les matières deviennent matériaux et ensuite outils) et post-industriels (le savoir dispensé dans l’université est une théorie qu’il faut fondre dans la pratique). Ces principes sont visibles dans l’architecture du bâtiment: un site industriel devenu une université à l’architecture hybride, dont le sol ne peut plus supporter plus de 350 kilogrammes au mètre carré.