ART | EXPO

Transfert et transfiguration

25 Sep - 07 Nov 2004
Vernissage le 24 Sep 2004

Ensemble d’œuvre sur bâti, accompagné d’une série de dessins préparatoires. Max Charvolen porte son intérêt sur l’espace immédiat et sa perception. Il reproduit un espace intérieur en associant peinture, collage, décollage par séparation de la toile et du support. La toile est enfin manipulée, tordue. Un passage du bidimensionnel au tridimensionnel.

Max Charvolen
Transfert et transfiguration

Max Charvolen présente à la Galerie Fernand Léger, un ensemble de ses oeuvres sur bâti, accompagné d’une série de dessins préparatoires. Avec la volonté de ne rien masquer, Max Charvolen produit une représentation picturale, véritable empreinte d’architectures intérieures…

Depuis la fin des années 70, Max Charvolen pratique une peinture sur bâti. Conscient de l’inadaptation de la toile classique avec ses formes et formats standardisés, il bouscule les procédures picturales pour mieux se rapprocher d’une appréhension physique du monde. S’attachant aux éléments qui structurent et encadrent la vie humaine, Max Charvolen porte son intérêt sur l’espace immédiat. La perception de l’espace, à travers les objets ou l’habitacle sont les points de départ de ses oeuvres. Le temps est également de la partie puisque Max Charvolen inscrit ses peintures dans une procédure de gestation assez longue et qu’il considère avant tout l’espace représenté à travers le lien d’usage, de pratique, le travail du corps sur celui-ci. Ces oeuvres s’apparentent ainsi à des mémoires de corps dans l’espace que la toile, la couleur, la peinture imposent.

Choisissant un espace, généralement d’architecture d’intérieur, Max Charvolen commence par un relevé méthodique du lieu : dimensions, mais aussi usages et fréquentations. Puis il y applique des morceaux déchirés. Comme une seconde peau, la toile est collée, moulée sur les éléments considérés grâce à l’acrylique. Plafond, escalier, mur, sol sont ainsi recouverts de cette toile qui est colorée par l’artiste. Selon les différenciations que Max Charvolen veut faire apparaître, il utilise différents pigments pour les murs, les plafonds, les marches et les contremarches.

Ensuite, Charvolen met la toile à l’épreuve du temps. Le moment du séchage sur place est souvent suivi d’une période où la toile est laissée telle quelle afin qu’elle s’imprègne également et s’use tandis que les fonctions de l’espace sont restaurées. Puis, la toile va être totalement décollée, sortie de son moule. Cet arrachage violent lui fait subir des déchirements afin de récupérer l’ensemble du recouvrement.

Alors Charvolen engage une mise à plat des trois dimensions. En effet, il va à nouveau faire subir des torsions et distorsions à la toile pour qu’elle retrouve une forme plane. Cela donne souvent lieu à des notes, recherches, études qui préparent le travail. La toile devient une mémoire des formes, une projection des trois dimensions. Enfin une ultime étape s’inscrit dans cette procédure: celle de la mise au mur, de l’accrochage de la toile dans un lieu autre où la perception de l’oeuvre provoque l’interrogation. Dans ce processus, il existe un rapport flagrant au corps humain et plus encore à la force physique que l’artiste doit fournir pour coller, décoller puis mettre à plat la toile qui n’est pas sans rappeler le rapport au volume, à la masse chez un sculpteur. Cette idée de lutte, de rapports violents entre la matière et le corps, d’un corps à corps, souligne et relance la réflexion sur la mémoire du lieu habité et la relation complexe de l’homme avec un environnement émietté.

Max Charvolen
Max Charvolen, né en 1946 à Cannes, vit et travaille à Cannes

Article sur l’exposition
Nous vous incitons à lire l’article rédigé par Muriel Denet sur cette exposition en cliquant sur le lien ci-dessous.

critique

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