ART | EXPO

Traits Africains

10 Déc - 31 Déc 2002

Une exposition pour découvrir de jeunes artistes de la création africaine contemporaine. «Traits Africains» fait se rencontrer Camara Gueye (Sénégal) et Franck Lundangi (Angola).

Communiqué de presse
Amadou Camara Gueye
Traits Africains

Texte de Georges Rodrigues
«J’ai un plaisir, que j’ose dire spirituel, à regarder les derniers travaux de Franck K. Lundangi. Tout s’allège et chaque personnage prend une présence plus charnelle, plus réelle parfois même plus sensuelle tout en restant nimbée de fraîcheur et de pureté.

Une fois de plus je comprends le choix de son bestiaire. Il n’est que composé d’animaux dits « sauvages », libres est sans doute un qualificatif plus exact. Ce ne sont ni bêtes traquées, ni capturées, elles ne sont ni matées, ni domptées, elles sont là tout près de l’homme, parfois d’une femme, attirées et retenues par une caresse, par une paix qui vient de l’aube de notre monde. Même armées, équipées de crocs, de dards, d’antennes, elles sont aux côtés des humains des représentations d’accords paisibles, de cohabitations harmonieuses.

Avec une économie raffinée de moyens, Franck arrive aujourd’hui à communiquer un sentiment d’indicible paix. Certains diront sans doute que son message est utopique, peu importe puisque, pour beaucoup d’autres, il n’est plein que d’espoirs et poésie.
Je crois qu’il est extrêmement rare qu’un artiste puisse nous donner tant de fraîcheur spontanée. Je souhaite vivement que la source de son inspiration, pleine de lumières, coule longtemps, très longtemps.»

Texte par Sylvain Sankalé
«La jungle de nos villes sait aussi inspirer les poètes qui au détour d’une rue sordide savent déceler la petite flammèche qui luit dans le regard de quelque jeune fille en perdition.
L’œuvre d’Amadou Camara Gueye est une promenade citadine, dans ces quartiers que l’on n’habite que faute de mieux, mais où s’entassent pêle-mêle, grandes misères et petites joies, laideurs et vertiges, violence et tendresse en un kaléidoscope improbable.

Le pire y est toujours contrebalancé par le meilleur, et l’omniprésence d’un jeune, homme ou femme, d’un chat ou d’un oiseau, vient « humaniser » les corridors sans âme des immeuble en détresse, à la recherche de leur équilibre.
L’artiste lui-même n’hésite pas à entrer dans la danse et à se représenter au coin d’une de ses toiles, ou en figure locale, accroissant le mystère de son sourire énigmatique.

La palette d’Amadou Camara Gueye, habituellement restreinte à des tons pastel d’ocre, de blanc et de noir, atteint ici sa quintessence dans la sobriété avec ses traits charbonneux rageurs qui déchirent l’espace.
Le papier, support inhabituel chez ce peintre, se fait vecteur, exutoire et message, il s’y trouve aussi à l’aise que sur ses patchworks des toiles encollées.
Et toujours sous l’apparence violente immédiate du propos, vient, comme en contrepoint, une touche de douceur, d’érotisme, d’espoir, sorte de message codé, sésame de cet homme qui déambule dans l’existence, sans éclats, ni excentricités, au rythme d’une œuvre jeune, mais déjà mature et si pleine de promesses.»