ART | EXPO

Le scénario de la puanteur de Sainte-Agathe

18 Avr - 11 Mai 2019

L’exposition « Le scénario de la puanteur de Sainte-Agathe » à la galerie Anne Barrault, à Paris, dévoile des peintures et collages de la jeune artiste Tiziana La Melia inspirées par l’histoire et le martyre de la sainte, prétextes à rappeler que toute création nécessite une destruction.

L’exposition « Le scénario de la puanteur de Sainte-Agathe » à la galerie parisienne Anne Barrault présente des œuvres de Tiziana La Melia : des peintures à travers lesquelles la jeune artiste canadienne d’origine italienne poursuit notamment sa réflexion autour de la féminité et des processus de création. Ces nouvelles réalisations sont inspirées par le personnage de Sainte-Agathe, qui fut torturée et eut les seins arrachés pour avoir refusé de renoncer à son vœu de chasteté chrétienne.

« Le scénario de la puanteur de Sainte-Agathe » : peintures de Tiziana La Melia

Le martyre de Sainte-Agathe, aujourd’hui patronne des nourrices, mais aussi des femmes victimes de viol ou du cancer du sein, donna lieu à un culte notamment marqué par la confection et la consommation, le jour de sa fête, de petites pâtisseries formée d’un dôme surmonté d’une cerise confite qui symbolisent la poitrine de la sainte. A travers cet exemple se manifeste ce que Simone Weil décrivit comme le phénomène de la décréation : une dissolution du moi qui permet d’atteindre le sacré et la beauté du monde.

Tiziana La Melia s’inspire du martyre de Sainte-Agathe

Les peintures et collages de Tiziana La Melia semblent également correspondre à ce principe : elles s’exposent comme des objets de la perception qui se vident de leur contenu sensible. Ainsi la peinture intitulée Des pois d’un papillon montre-t-elle des présences éthérées, à la lisière de l’absence : un motif rose fushia évoquant un sexe féminin en regard d’une paire de formes d’un rose plus pâle et d’un damier fantomatique en arrière-plan. Dans celle intitulée Kind of Murex, King of Marzipan, un corps vert foncé semble lutter avec sa propre aura et dans celle intitulée Radula, une forme grise est posée sur ce qui ressemble à sa propre ombre en train de se liquéfier. Autant de rappels que toute transformation, toute création nécessite une perte, une destruction.