ART | EXPO

Thomas Bayrle

20 Avr - 26 Mai 2012
Vernissage le 20 Avr 2012

Thomas Bayrle a toujours cité son expérience dans une usine de tissage, comme le détonateur formel de sa pratique artistique. Cette exposition met ainsi en évidence la portée métaphorique de cette expérience fondatrice de l’usine de tissage, ainsi que la dimension spirituelle que l’artiste lui aura toujours associée.

Thomas Bayrle
Thomas Bayrle

Les entrelacs de fil et le motif de la chaîne de montage sont ainsi entré en résonnance avec la communication de masse, l’industrialisation de l’Europe des années 60, puis celle que connaît actuellement la Chine. Les fils sont devenus réseaux autoroutiers, les motifs apparaissant à la faveur de l’accumulation d’éléments de nature différente. Mais le tout se retrouve toujours dans la partie, par un isomorphisme permanent, kaléidoscopique et vertigineux.

Ainsi deux des rares peintures que Thomas Bayrle aura réalisées sont présentées dans cette exposition (1978, 1980): peintes, repeintes, et non finies car impossible à finir par nature. Dans la peinture de grand format Putzen, les voitures, répétées, multipliées font apparaître le terme allemand pour «car-wash», mais donnent surtout lieu à la représentation d’un «rêve de voiture».

Dans les grandes œuvres en cartons tissés de la série chinoise (2005), les entrelacs de carton forment des caractères chinois qui entrent en résonnance avec l’image sérigraphiée. Forme et fond aboutissent à une paradoxale union.

Enfin, les œuvres les plus récentes, de la série Agnus Dei, entrelacs d’autoroutes devenant autant de portées pour des partitions de chants monastiques du Moyen-âge, retrouvent l’inspiration mystique de ses grands collages de 1985 montrés ici pour la première fois: les reliques de photographies de motifs urbains donnent lieu à des grandes roses épanouies, qui rappellent la méditation d’Angélus Silésius: «La rose est sans pourquoi, elle fleurit parce qu’elle fleurit.»

Cette exposition met ainsi en évidence la portée métaphorique de cette expérience fondatrice de l’usine de tissage, ainsi que la dimension spirituelle que, dès le départ, et paradoxalement, il a lui toujours associée. En effet, la monotonie de la chaîne de montage renvoie pour lui à celle de l’expérience mystique, et pas seulement à celle du consumérisme et de la communication de masse.

Voitures, autoroutes, villes, motifs: autant d’éléments d’une même chaîne de montage. Le matérialisme historique tout autant que les plus grands mystiques l’ont toujours affirmé: tout est dans tout.

Article sur l’exposition
Nous vous incitons à lire l’article rédigé par Camille Fallen sur cette exposition en cliquant sur le lien ci-dessous.

critique

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