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This Place called Home

01 Juil - 06 Sep 2015
Vernissage le 01 Juil 2015

Réalisées lors de nombreux voyages à travers le monde entre 2002 et 2015, les images de Matt Wilson ne cherchent pas à rendre compte de la réalité d’un lieu ou d’une rencontre mais d’un instant photographique sensible et intimiste. La composition classique et le dosage de la lumière confèrent à ces petits formats une atmosphère poétique et hors du temps.

Matt Wilson
This Place called Home

Le Château d’Eau présente le travail du photographe anglais Matt Wilson, deux fois finaliste pour l’American Photography 22 en 2006 et l’International Colour Awards en 2007.

Réalisées lors de ses différents voyages à travers le monde entre 2002 et 2015, ses images ne cherchent pas à rendre compte de la réalité d’un lieu ou d’une rencontre mais d’un instant photographique sensible et intimiste révélé par son approche poétique et par l’utilisation de vieilles pellicules dont le rendu visuel nous fait basculer dans un univers hors du temps.

Au gré de ses humeurs et de ses rencontres, il nous offre sous forme de carnets de voyage comme le faisait Bruce Chatwin, une vision mélancolique des sujets qu’il traite: paysages diurnes, scènes nocturnes, crêtes noires d’arbres spectraux qui se découpent sur le ciel, personnes, routes, alignements de cabanons ou de masures…

La composition très classique et la lumière dosée au compte-gouttes confèrent à ces petits formats une présence rare se rapprochant des grands paysagistes de la peinture hollandaise et s’éloignant des tendances actuelles de la photographie contemporaine.

«Peu nombreuses certes, mais si particulières, ces photographies modestes, voire anodines, dans leur sujet sont, de plus, présentées — à l’encontre des tendances actuelles de la photographie contemporaine —, dans de si petites dimensions que nous sommes obligés de nous arrêter pour les scruter de plus près. L’image est, la plupart du temps, quelque peu endommagée à cause des films parfois hors d’usage que l’artiste utilise. Le résultat visuel est opalescent avec un grain très présent et une lumière décadente provoquant des zones d’ombres intimistes dans les scènes nocturnes ou un rendu charbonneux et embrumé dans les paysages diurnes.

Cette technique de prise de vue «aléatoire», qui intègre l’accidentel à la vision photographique, fonde le langage de Matt Wilson. Tout ceci finit par nous troubler la vue pour, petit à petit, nous aimanter et nous faire basculer dans un univers poétique et hors du temps. Au fur et à mesure, cette écriture structure l’ensemble par une trame visuelle, vaguement narrative, qui nous mène dans des contrées fictionnelles à la limite d’un rêve éveillé.

Le regard de Matt Wilson nous transporte ainsi hors de toute époque précise. Parfois on pourrait se croire devant un paysage breughélien ou encore face à une description romantique issue d’une page de littérature anglaise du XIXème; tandis qu’il sait aussi nous transplanter, presque brutalement, dans une rue coupe-gorge ou nous mêler à un combat de boxe d’enfants noirs, alors même que notre œil tente d’attraper la vision fugace d’une vielle automobile américaine… Autant de situations quasiment irréelles qui ne sont pas sans rappeler l’atmosphère des films américains des années soixante.» (Christine Ollier)

L’exposition «This Place called Home» de Matt Wilson est présentée en collaboration avec la Galerie les Filles du calvaire.