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These are a few of my favorite things

PLaura Bayod
@27 Sep 2010

Une exposition au ton de rentrée et une première exposition de groupe des artistes de la galerie Lucile Corty. Conçue sans parcours prédéterminé, ou intention qui aurait voulu enserrer la pluralité des pièces présentées, c'est l'occasion de découvrir la galerie et le travail des artistes qu'elle défend.

L’accrochage est dès l’entrée minimaliste. La sobre disposition du rez-de-chaussée qui fait tenir les œuvres en face à face, se poursuit au premier étage, où chaque pièce possède son terrain délimité que ce soit au mur ou dans l’espace. Cette simplicité résonne avec la volonté annoncée par la galeriste de rassembler et de montrer les œuvres des différents artistes soutenus, dans un dessein ouvert.

La direction prise conduit de prime abord au spectacle du cas par cas. Le spectateur est invité à observer tout court et à ne pas chercher à tisser de liens trop appuyés qui ne feraient que circonscrire l’univers de chacun des artistes présents. Une composition à plusieurs mains où s’imprime inévitablement et à contrario une impression générale. Si l’ensemble présente une pluralité de techniques et de médiums, celui-ci met en place une atmosphère picturale haute en couleurs et en géométrie.

Les pièces de Roxane Borujerdi pourraient servir de modèle à cet esprit général, de sa première pièce à l’entrée de la galerie, une photographie de formes géométriques flottantes, à cet «objet» indéfini intitulé Volumen, toujours tributaire de ses formes colorées et qui semble vouloir s’échapper par la fenêtre du premier étage.

Autour, différentes recherches picturales et graphiques d’Aurélien Porte, Paul Strnad, WATP, Herman Dune; mais aussi deux photographies de Thomas Schmidt; une sculpture, Vases, à géométrie variable de Marlie Mul; une redondance d’images et de formes dans la pièce Le double manque à celui qui le double hante d’Émilie Pitoiset.

Au départ, le projet et corollairement l’accrochage proposé peuvent sembler trop lisses, mais ils ouvrent finalement à une réflexion plus globale et à un désir plus grand: cette proposition These are a few of my favorite things, sous forme d’aveu de galeriste, questionne.
Si cette exposition montre le pluralisme des artistes de la galerie, elle devient une représentation formelle de la ligne directrice prise par la galerie ainsi qu’une base d’interrogation sur le travail lié au fonctionnement d’une galerie.

Comment montrer des œuvres diverses, comment se renouveler au gré des expositions, comment jouer avec la production des artistes. Ici, ce sont essentiellement de nouvelles pièces qui sont données à voir; dans une sorte de mise à jour du suivi des travaux de ces artistes, dans une sorte de «work in progress».
Finalement cette exposition se donne comme un avant goût, elle semble créer consciencieusement une attente et se déploie comme une promesse.

— Roxane Borujerdi, Sans titre, 2010. Tirage photographique. 46 x 70 cm, 50 x 74 cm (encadré)
— Roxane Borujerdi, Volumen, 2010. Techniques mixtes, dimension variables
— Marlie Mul, Vases, 2008. Polystryrène, résine, bronze et or, 20 x 10 x 7 cm et 29 x 5 x 7 cm
— Aurélien Porte, Sans titre, 2010. Impression numérique, 29 x 33 cm (encadré)
— Aurélien Porte, Sans titre, 2008. Crayon sur papier, 40 x 33 cm (encadré)
— Emilie Pitoiset, Neue / oder, 2010. Tirage sur papier ancien, 29 x 27 (encadré)
— Emilie Pitoiset, Le Double Manque à celui qui le double hante, 2010. Cadres en verre sertit de laiton, deux tirages, 26,5 x 21 x 13 cm
— Thomas Schmidt, Sans titre (caché) #3 et Sans titre (caché) #4, 2010. Série «Nous sommes caché pour pouvoir être découvert plus tard». 32 x 32, 50 x 50 cm (encadré)
— Dane Ivar Herman Dune, Please remember me, 2010. Encre de chine et gouache sur papier. 60,5 x 80 (encadré)
— WATP, Storm from the frozen land, 2010. Huile et acrylique, 53 x 70 cm, 75 x 58,5 cm (encadré)
— Paul Strand, Tous, Sans titre, 2010. Encre sur papier. 49,5 x 69,5 cm, 58 x 74 cm (encadré)