PHOTO | EXPO

There is a light

12 Mai - 25 Juin 2016
Vernissage le 12 Mai 2016

L'exposition «There is a light» à la galerie Vrais Rêves présente une série de photos de Laurent Camut. À travers ces portraits réalisés dans un centre de jour pour handicapés mentaux, le photographe belge nous fait voyager dans l'histoire de l'art et nous invite à changer de regard.

Un visage d’homme qui semble noyé dans un fond noir, une jeune femme qui défie l’objectif avec arrogance, un homme vêtu d’un habit monacal, une femme aux yeux bandés, chaque photo est un portrait où un visage inondé de lumière surgit d’un fond sombre et menaçant.

Les portraits de Laurent Camut nous font voyager dans l’histoire de l’art. «There is a light» revisite par ses lumières, ses fonds et ses cadrages les œuvres des peintres flamands du XVIIème siècle de Rembrandt à Füssli, l’un des portraits faisant directement référence à La jeune fille à la perle. Il y a du Francis Bacon aussi dans ces portraits triturés et étirés.

Un répertoire académique pour des modèles délaissés par l’histoire de l’art, les handicapés mentaux. Lorsqu’un ami éducateur spécialisé lui ouvre les portes de son atelier, Laurent Camut a «le coup de foudre»: «j’ai trouvé des modèles exceptionnels, des personnes d’une grande générosité et d’une sincérité rare».

Les portraits sont le fruit d’une complicité entre Laurent Camut et les pensionnaires d’un centre spécialisé où il anime des ateliers depuis plus de quinze ans. «There is a light» n’est pas un reportage, les portraits sont composés et mis en scène. A travers eux Laurent Camut nous invite à arrêter notre regard sur les modèles, à les reconsidérer sans référence à leur environnement psychiatrique.

Les portraits révèlent l’intériorité et la profondeur des modèles. Ils ne sont plus des handicapés, mais des acteurs à part entière. En les mettant en scène, en étudiant avec eux les poses, les expressions, l’éclairage, Laurent Camut en fait même les co-auteurs de ses créations.

Les portraits ne cherchent pas à cacher la réalité. L’ombre imposante, la proximité du cadrage trahissent le silence, l’angoisse et la difficulté d’être, mais à la lueur de la lumière de l’histoire de l’art, d’un espoir, ils nous invitent à d’avantage d’empathie.