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The Suicidists

20 Jan - 24 Fév 2006
Vernissage le 20 Jan 2006

Les photographies de Samore documentent les actions d’un protagoniste solitaire incarné par l’artiste lui-même, qui entreprend de se suicider de différents manières. Vaste facétie à propos de la vie et de la mort.

Sam Samore
The Suicidists

Le travail photographique de Sam Samore est intimement lié à l’art post-conceptuel des années 1970. A travers ses séries bien connues des années 1990 «Allegories of Beauty (Incomplete)» et ses «Situations» de 1980, l’artiste fabrique des images iconiques balayant le champs de la beauté, de la compétition antagoniste, du voyeurisme, de la narration non linéaire, et des personnages isolés dans leur propre drame existentiel.
Sam Samore se pose en tant qu’auteur: l’ensemble de sa production, composée d’images plutôt énigmatiques, se concentre autour de la position de l’individu dans le collectif et sur le corporel en tant que composition.

A l’occasion de cette exposition, Samore documente les actions d’un protagoniste solitaire incarné par l’artiste lui-même. Mis en scène aussi bien en intérieur qu’en extérieur, le personnage entreprend de se suicider de différents manières. Il élabore d’ingénieuses productions d’humour noir tourné vers l’un des faits les plus tabou qui soit: la mort, ou plutôt le rejet conscient de la réalité du corps en faveur du vide. D’un point de vue culturel, le suicide est l’acte le plus personnel et le plus abouti de l’être. On notera le cas de figures historiques telles que Mishima. Au Japon, le suicide n’était pas seulement accepté, mais souvent glorifié, voire une punition officielle pouvant être imposée par le gouvernement.
A présent, on peut trouver sur Internet des forums entièrement consacrés au suicide et des «communautés» qui encouragent le culte autour de ce tabou. Les images de Samore tournent cependant le suicide en un acte aux proportions absurdes, une vaste facétie à propos de la vie et de la mort. Le sujet premier de ses photographies est sans nul doute la notion de la mort par suicide en tant qu’action détachée devant être jouée. La théâtralité soulage le spectacle, et l’innocence de l’implosion juvénile de la mort dans sa finalité s’apparente à la fin d’une intrigue cinématographique, un post dénouement.

A l’instar des héroïnes américaines exaltées des films de Cindy Sherman (conçu à la même période), Sam Samore reprend, en partie, à son compte la peur existentielle et la comédie anarchique de la nouvelle vague. Précédant la pré et la post culture de la médicamentation de masse, ou «société de la pilule», il crée un axe: la tradition littéraire connectée à l’auteur/artiste créateur en tant que martyre.

Article sur l’exposition
Nous vous incitons à lire l’article rédigé par Maxence Alcalde sur cette exposition.