ART | EXPO

The Player | Legs

22 Avr - 04 Mai 2014
Vernissage le 22 Avr 2014

Dewar & Gicquel expérimente les matériaux traditionnels de la sculpture et de l’artisanat. Dans Legs, ils interrogent les relations entre environnement naturel, image et sculpture. Image par image, ils remodèlent l’argile crue pour créer chaque photogramme et générer une illusion de mouvement à la manière des «gif» animés.

Daniel Dewar & Grégory Gicquel
The Player Legs

The Player est un nouvel espace au Frac Poitou-Charentes, site d’Angoulême dédié à l’image en mouvement. En parallèle de chaque exposition, il propose une programmation autonome au rythme aléatoire.

Le duo d’artistes Dewar & Gicquel (lauréat du Prix Marcel Duchamp en 2012) expérimente les matériaux traditionnels de la sculpture et de l’artisanat. Ne délégant jamais la fabrication des œuvres, les artistes éprouvent les techniques ancestrales et développent leurs savoir-faire sur le bois, le marbre, l’argile, le tissage ou encore la peinture sur soie.

Leurs productions abordent des thèmes en lien avec l’époque contemporaine, soulignant sa tendance aux loisirs et son goût pour l’apparat. Ainsi, de manière quelque peu anachronique, se trouvent par exemple réunies la pratique de la taille sur pierre et la représentation d’une Ferrari Testarossa à l’échelle 1 dans la sculpture Mason Massacre (2008). Ces cohabitations forcées paraissent désigner les totems et emblèmes actuels.

Une grande partie de leur production consiste en des sculptures extérieures, une orientation née d’un constat: dans les années 1980, la pratique du Land Art semble parfois uniquement motivée par la photo qui en résultera. La sculpture serait alors conçue en fonction de son devenir image.

Développant ces relations entre environnement naturel, image et sculpture, Dewar & Gicquel introduisent en plus la notion de mouvement dans une série de «gifs» animés dont Legs fait partie. À la manière d’un proto-cinéma, les artistes travaillent image par image, remodelant l’argile crue pour créer chaque photogramme et générer une illusion de mouvement. Le temps et l’épreuve physique sont au centre de cette animation élémentaire qui se révèle sous l’aspect d’une pratique mineure et absurde.