ART | CRITIQUE

The Art Freaks

PMoïra Dalant
@02 Déc 2011

Olaf Breuning occupe le hall d’entrée du Palais de Tokyo pour rendre un hommage caustique aux artistes qui ont construit le paysage artistique du XXe siècle.

Jasper est une femme nue au corps rayé blanc et rouge et au visage bleu parsemé d’étoiles blanches. Andy est un homme au corps argenté sur lequel sont disposées des peaux de bananes. Cindy est une femme-clown tristement grimée. Les corps s’exposent comme des portraits avatars de leurs idoles éponymes, Johns, Warhol, Sherman ou encore Basquiat et Hirst.

Ces personnages photographiés grandeur nature et suspendus au plafond du Palais de Tokyo sont les monstres ou clowns-symboles qui hantent la scène artistique, et maintenant les musées, du XXe siècle. Des monstres qui révolutionnent l’imagerie artistique, la pensée plastique, qui créent des courants d’art, se jouent de leurs contemporains, et dont les échos n’en finissent pas de se répercuter dans notre XXIe siècle commençant.

La promenade suspendue d’Olaf Breuning a des airs de fête foraine délabrée, de ritournelle à la fois inquiétante et irrésistiblement comique.
Sur chaque bannière donc, un personnage a le corps peint «à la manière de» ; par là l’artiste interroge l’histoire de l’art contemporain tout en posant ces figures emblématiques dans un entre deux: entre mise à l’honneur et prétexte à l’humour, entre allégeance et faussaire du reproductible. Mais tout cela n’est peut-être pas incompatible…

Œuvres
— Olaf Breuning, Andy, 2010-2011.
— Olaf Breuning, Jean Michel, 2010-2011.
— Olaf Breuning, Jasper, 2010-2011.
— Olaf Breuning, Damien, 2010-2011.
— Olaf Breuning, Cindy, 2010-2011.
— Olaf Breuning, Pablo, 2010-2011.