ART | EXPO

Tennis Game. Conversation entre Ilya Kabakov et Boris Groys

21 Mai - 09 Juin 2013
Vernissage le 21 Mai 2013

Cette exposition remet en scène l’habitude médiévale de la dispute philosophique, une sorte de tournoi intellectuel entre deux rivaux. Ici, un court de tennis est entouré de quatorze tableaux noirs déroulant le fil d’une conversation entre Ilya Kabakov et Boris Groys. La rencontre sportive cède ainsi le pas à la dialectique.

Ilya Kabakov et Emilia Kabakov
Tennis Game. Conversation entre Ilya Kabakov et Boris Groys

«Tennis Game. Conversation entre Ilya Kabakov et Boris Groys», remet en scène l’habitude médiévale de la dispute philosophique, une sorte de tournoi intellectuel entre deux rivaux. Dans une telle discussion, un sujet préliminaire était posé et discuté par les deux partenaires. Les deux concurrents appartenaient à des camps de différentes traditions et la joute était riche de mouvements brusques. Ici, un court de tennis est entouré de quatorze tableaux noirs déroulant le fil d’une conversation entre l’artiste et Boris Groys: la rencontre sportive cède le pas à la dialectique, le terrain de sport devenant la scène d’une joute verbale retranscrite.

La partie a été jouée par Ilya Kabakov et Boris Groys. Les spectateurs peuvent observer l’action passée sur des moniteurs télé. Certes, les joueurs n’ont pas le niveau de Boris Becker ou de Marat Safin, mais le principal, après tout, est d’aimer le jeu. En même temps, les spectateurs peuvent contempler le résultat d’un autre jeu, écrit sur les tableaux noirs. Les dialogues entre le philosophe Boris Groys et l’artiste Ilya Kabakov sont présentés comme cinq rounds d’un match de tennis dans lequel une question est servie puis suivie par un coup réciproque.

Avant «Tennis Game», il y a eu un préliminaire: «Strangers in the Arctic», cette exposition de groupe itinérante à laquelle les Kabakov avaient participé en 1996, comme position classique des deux joueurs. Le sujet de cette exposition sert de structure à l’installation. Le thème de l’«étranger sur un territoire étranger» est proche de la situation des deux participants au match.

Quel est le résultat de ce match, qui est le vainqueur? Ici, citons celui qui a ressuscité la tradition des Jeux Olympiques modernes et qui a prononcé les mots suivants: «Il est plus important de participer que de gagner». Cela s’applique aux participants eux-mêmes. Ce n’est pas si évident et chacun peut en juger indépendamment.

L’œuvre d’Ilya et Emilia Kabakov a été montrée dans de nombreux musées comme le Museum of Modern Art (New York), le Centre Pompidou (Paris), le Hirshhorn Museum (Washington DC), le Stedelijk Museum (Amsterdam), à la Documenta IX, à la Whitney Biennial 1997, au State Hermitage Museum (St. Petersburg) et dans plusieurs Biennales de Venise. En 1993 par exemple, ils ont représenté la Russie à la 45e Biennale de Venise avec leur installation The Red Pavilion. En 2008, une grande rétrospective: «Alternative History of Art and other projects» — et première exposition en Russie depuis le départ à la fin des années 1980 — a eu lieu dans quatre espaces d’expositions de Moscou (State Pushkin Museum of Fine Arts, Center for Contemporary Culture Garage, Moscow, Contemporary Art Center, Winzavod, M&J Guelman Gallery). Les œuvres des Kabakov sont dans de nombreuses collections publiques au travers de l’Europe. Ils ont aussi reçu un grand nombre de prix honorifiques, comme l’Oscar Kokoschka Preis (Vienne) en 2002 et ont été faits Chevaliers des Arts et des Lettres à Paris, en 1995.

Les œuvres des époux Kabakov sont, comme le définit Kabakov lui-même, part de l’«Installation Totale», qui signifie mettre en contact art et vie. Leurs travaux sont autant progressistes que romantiques et invitent le visiteur à se concentrer sur sa propre vie, sur les possibilités, les problèmes et les solutions de sa réalité personnelle.

Ilya Kabakov (né à Dniepropetrovsk en 1933, Ukraine), a travaillé en Union Soviétique jusqu’en 1988 comme illustrateur de livres pour enfants. Ce contexte ne lui a pas permis de travailler en tant qu’artiste «libre». Il quitte l’Union Soviétique, séjourne dans un premier temps en Allemagne et, se déplace à New York.

Emilia Kabakov (né à Dniepropetrovsk en 1945) a étudié la musique puis a vécu comme commissaire et galeriste à New York dès 1975. Elle travaille avec Ilya Kabakov depuis 1989. Ils vivent et travaillent tous deux à Long Island (Etats-Unis).

Vernissage
Mardi 21 mai 2013 à 19h30