ART | CRITIQUE

Sutton Lane in Paris

PNicolas Bauche
@12 Jan 2008

Sutton Lane in Paris balise le parcours d’artistes dans lesquels les galeristes maison croient : Cheney Thompson, Eileen Quinlan… Un nouveau rendez-vous avec l’écurie de ses protégés.

Chez Ghislaine Hussenot, le travail de galeriste prend toujours à rebours les usages en vogue quant à la mise en valeur des œuvres. Dans le gigantesque loft abritant la dernière exposition de Sutton Lane in Paris, les pièces d’Eileenn Quinlan, Sean Paul, Daniel Lefcourt ou Cheyney Thompson composent un damier de lignes et de couleurs sobres sur l’espace blanc.
Le lieu a choisi de finir l’année sur ce bouquet d’espoirs de l’art contemporain. Sutton Lane suit le parcours de Cheyney Thompson et consorts depuis leurs débuts.

C’est cette fidélité de cœur qui touche dès que l’on pénètre rue des Haudriettes. Comment oublier les recherches à tâtons, les foudroyances de personnalités qui compteront probablement?
On ne peut s’empêcher de comparer le présent vernissage avec les précédentes étapes de chacun. Rayne, Thompson et Quinlan n’ont gardé que le canevas de leurs œuvres antérieures. Leur signature graphique en somme.
Un Sans titre de Cheney Thompson rappelle son travail sur les lignes, ses figures géométriques empruntées aux fractales mathématiques. Mais, les tonalités sont ici presque hivernales : du gris, du blanc, l’infinie palette des couleurs entre chien et loup.

Voici venu le temps de l’épure et de l’artiste au profil bas? Une installation et une photographie en noir et blanc augurent d’autres horizons. Au beau milieu de la salle, un tourniquet garni de cartes postales semble offrir aux visiteurs un souvenir quasi touristique : les reproductions des portraits de Mary Boone, Carol Greene et Barbara Gladstone.
Cette visite dans un musée qui n’existe pas (ou pas encore) se poursuit avec le cliché d’une aile d’un musée surchargé. Les artistes exposés, dans un élan d’humour et d’ambition, se préoccupent déjà de leur pérennité. Sur un mur, un tableau bégaye déjà des lignes d’écriture Man, Man, Man, Ma….
Alors, MoMa ou Musée de l’Homme?

Artistes :
Eileenn Quinlan

Sean Paul

Daniel Lefcourt

Cheyney Thompson

Liz Dechenes

Jutta Koether

Scott Lyall

Blake Rayne

Nora Schultz

Reena Spaulings

Joanne Tatham & Tomp O’Sullivan

Blake Rayne
Sans titre, 2007. Peinture. Acrylic and lacquer on canvas and wood 111,8 x 86,4 cm

Nora Schultz
Arrow sculpture, 2007. Stainless steel, sand, print, varnish. Dimensions variable

Reena Spaulings
Dealer rack (porte-galleristes). 1 postcard rack : 144,78 x 38,1 cm