DANSE | SPECTACLE

Sur les frontières. Kharbga, Jeux du pouvoir

16 Avr - 17 Avr 2013
Vernissage le 16 Avr 2013

Dans le cadre du festival «Sur les frontières», Hafiz Dhaou et Aïcha M’Barek présentent Kharbga, Jeux du pouvoir. Le Kharbga est un jeu ancestral populaire en Afrique du Nord, un jeu de stratégie. Sur scène: concurrence, rivalité, performance,... sont des notions explorées par les interprètes. Il est ici question de lutte, de jeu et de pouvoir

Hafiz Dhaou et Aïcha M’Barek
Sur les frontières.
Kharbga – Jeux du pouvoir

Au Maghreb, le kharbga, variante du jeu de go ou de dames, se pratique traditionnellement à même le sol. D’où l’amas de gravats et de cailloux sur lequel évoluent les six interprètes de cette pièce aux échos d’outre-Méditerranée. Non qu’il y soit directement question de la Tunisie, pays d’origine d’Hafiz Dhaou et Aïcha M’Barek, fondateurs de la compagnie Chatha. Mais comment ne pas voir, dans ce paysage scénique aride sans cesse bouleversé par les déambulations des danseurs, la métaphore d’un monde arabe en plein devenir, confronté à tous les enjeux? Et dans les défis successifs que se lancent les danseurs, à eux-mêmes et entre eux, le pendant chorégraphique des jeux de pouvoir liés aux révolutions en cours La scène devient ainsi le lieu mouvant de tous les possibles et l’espace privilégié d’une libération instinctive, presque viscérale, des corps. À ce mouvement que rien n’arrête, la présence différente du comédien non voyant Melchior Derouet apporte comme une gravité prophétique qui questionne l’avenir.
(Isabelle Calabre)

Conception, chorégraphie, scénographie:
Aïcha M’Barek et Hafiz Dhaou
Lumières: Xavier Lazarini
Musique: Éric Aldea, Ivan Chiossone, Hafiz Dhaou et Maktoub ya maktoub (Abdelrazak Karabaka / Hédi Jouini, interprétée par Sonia M’Barek pour le Wakan Théâtre)
Régie son: Christophe Zurfluh
Régie générale et lumières: Ludovic Bouaud
Avec Oumaima Manai, Stéphanie Pignon, Rolando Rocha, Amala Dianor, Hafiz Dhaou, Melchior Derouet

Repères biographiques
Tous deux nés à Tunis, Aïcha M’Barek et Hafiz Dhaou créent ensemble depuis 1995.

Après avoir intégré le Conservatoire de Musique et Danse de Tunis, Aïcha rejoint Hafiz au sein du Sybel Ballet Théâtre. Elle devient la première danseuse de la compagnie et assistante de Syhem Belkhodja, avant d’effectuer un Master IUP Métiers des Arts et de la Culture (Lyon 2). Elle devient danseuse interprète dans Temps de feu, Cie Anouskan, chorégraphe Sophie Tabakov.

Tous deux tournent en 1995 pour la Cie Sybel Ballet Théâtre avec Chutt, Ikaa, Karakouz, Elexir, Sans Obscure, tout en se consacrant à des études cinématographiques au sein de l’Institut Maghrébin de Cinéma à Tunis.

En 2000, Hafiz et Aïcha obtiennent une bourse de l’IFC Tunis pour une formation au CNDC d’Angers puis, en 2001, Hafiz participe à la chorégraphie d’Inta Omri. Aïcha imagine la chorégraphie du quatuor Essanaï (L’artisan). Un an plus tard, elle crée le solo Le Télégramme, mention « bien » du jury du CNDC/Angers quand lui crée le solo Zenzena (la cellule). En 2004, tous deux créent le duo Khallini Aïch dans le cadre des Repérages Danse à Lille. En 2005, ils créent et réalisent deux duos, Les Cartes postales chorégraphiques dans le cadre du projet L’Art de la rencontre conçu par Dominique Hervieu. Cette même année, Hafiz devient danseur associé au CCN de Caen. Ils créent le quatuor Khaddem Hazem, présenté à la Biennale de la Danse de Lyon de 2006. Hafiz participe à la pièce 1000 départs de muscle créée par Héla Fattoumi et Eric Lamoureux en 2007.

En 2008, invités une nouvelle fois à la Biennale de la Danse de Lyon, ils créent le quintet Vu. Le solo Kawa, créé et dansé en 2010 par Hafiz Dhaou, est soutenu par Bonlieu Scène Nationale d’Annecy.

Par ailleurs, ils répondent à des projets spécifiques à partir d’extraits de la pièce Vu dans le cadre des projets: La nuit des Musées Lille, au Musée des Beaux-Arts de Tourcoing, fête du quartier avec le CC Mermoz, Lyon 8ème, Danser à l’Hôpital avec la Biennale de la Danse, Lyon En 2009, ils participent au projet de création d’une pièce Mon corps est un pays, projet universitaire franco-tunisien impliquant des étudiants de Grenoble et de Tunis. Ils participent au Défilé 2010 de la Biennale de la danse de Lyon et créent Mon c(h)oeur qui bat, lalala… avec 150 habitants de Décines-Meyzieu dans le cadre de la résidence avec le CC Le Toboggan, Décines. Enfin, le duo participe en 2011 et 2012 aux 10ème et 11ème éditions des Rencontres Chorégraphiques de Carthage, en tant que directeurs artistiques.

Informations
19h
Salle Gémier