ART | EXPO

Sur le front

10 Déc - 29 Fév 2004

Des œuvres qui invitent à un repositionnement et à une modification de la lecture de l’image. Les photographies, installations et peintures engagent une action militante dans l’espace social et pictural.

Marc Chevalier, Sandrine Fallet, Luc Léotoing, Florent Mattéi, Mounir Fatmi, Audrey Nervi, Jean-Rémy Papleux, Éric Tabuchi, Cédric Teisseire, Richard Tronson
Sur le Front

Le Triage a décidé de poursuivre son engagement en restant sur le front de l’art contemporain…
L’exposition «Sur le front» rassemble des œuvres qui toutes invitent à un repositionnement et à une modification de notre lecture de l’image.
La frontalité comme langage plastique et critique contemporain, par le biais de médiums différents, réactive une lecture autre de l’image sur le front social et pictural. Elle devient action militante lorsqu’il s’agit de défendre des positions citoyennes, de même qu’elle instaure des frontières géographiques et temporelles dans l’espace pictural…

Le front pictural sur lequel s’engagent Audrey Nervi, Eric Tabuchi, Mounir Fatmi, Sandrine Fallet est avant tout social. Ils inventorient des territoires et de manière frontale bousculent nos codes de lecture du champ social. Par juxtaposition, superposition et déplacement, l’ensemble des artistes se réapproprient des codes picturaux et permettent à l’image d’entrer en résistance. Chacun nous invite à reconsidérer de manière frontale notre rapport à l’espace privé, à l’espace public, et au système de consommation. L’installation de Sandrine Fallet, présente trois immeubles posés sur des roulettes comme des caddies, emblèmes d’une trilogie dans laquelle les individus équivalent aux produits de consommation.

La série «Z.A.T» (Zone d’Autonomie Temporaire) réalisée d’après des photographies prises lors de free party ponctue le travail d’Audrey Nervi depuis trois ans. Sans souci documentaire, les peintures d’Audrey Nervi sont avant tout des zooms sur le monde tel qu’il lui apparaît.
Mounir Fatmi tisse de nouveau lien entre les communautés, la question de l’autre est un élément central de son projet. Il fonde son travail sur la question de la liberté d’expression et le pouvoir médiatique des images. Cela consiste à libérer ces images, en se situant sur le front de l’humanisme.
Éric Tabuchi utilise le médium photographique pour interroger les notions d’hybridité et de métissage. Il construit une nouvelle identité dans une installation murale qui mêle plans, surfaces et strates géologiques des territoires.
Le front pictural sur lequel s’engagent Cédric Teisseire, Marc Chevalier, Jean-Rémy Papleux, Florent Mattéi et Richard Tronson prend toute sa valeur dans une historicité de l’espace pictural.
Avec ses grandes Peintures au feutre, Florent Mattéi propose une relecture ironique de l’histoire de l’art. L’artiste aime la peinture comme on aime les belles images qui garnissent depuis toujours nos boîtes de chocolats bon marché de Noël. Sa série «J’aime la peinture», réactive des tableaux historiques entre imagerie et idolâtrie. Cédric Teisseire et Luc Léotoing usent de la frontalité comme outil visuel et conceptuel d’une nouvelle peinture abstraite. Luc Léotoing réactive en peinture des espaces qui ne lui sont a priori pas destinés. En offrant à la peinture une nouvelle géographie, il déplie à l’intérieur du Triage une peinture en symbiose avec l’architecture du lieu.
Cédric Teisseire inscrit sa peinture dans les problématiques développées par l’histoire de l’abstraction. Sans profondeur, la laque épaisse posée sur des toiles cirées crée des surfaces frontales et réfléchissantes. Cette œuvre prolonge la question de la frontalité au-delà du tableau en abordant la peinture et ses débordements.
Avec la technique du scotch, Marc Chevalier imite la peinture de telle sorte que la signification est mise à l’écart pour mieux permettre au visiteur de se concentrer sur une physique de l’écriture et de la peinture.

Commissaire
Cécile Marie