ART | EXPO

Sublime. Les tremblements du monde

11 Fév - 05 Sep 2016
Vernissage le 10 Fév 2016

Le Sublime exprime ce mélange d’attraction et de répulsion éprouvé par l’homme face aux manifestations déchaînées de la nature. Le Centre Pompidou-Metz interroge ses filiations avec le XVIIIème siècle et son renouveau dans un contexte contemporain dans les œuvres d’une centaine d’artistes.

Robert Adams, Bas Jan Ader, Anna D’Alessandro, Dove Allouche, Darren Almond, Amy Balkin, Lewis Baltz, Shigeru Ban, Rosa Barba, Joseph Beuys et Gianfranco Gorgoni, Ursula Biemann, Auguste-Rosalie Bisson, Richard Buckminster Fuller, Edward Burtynsky, Jean-Baptiste Chapuy, Christo et Jeanne-Claude, Aimé Civiale, Nacho Criado, François Dallegret, Tacita Dean, Saverio Della Gatta, Agnes Denes, Menzie Dickson, Mark Dion, Julien Discrit, Mary Beth Edelson, Martin Engelbrecht, Bernard Faucon, Camille Flammarion, Roland Flexner, Kazumichi Fujiwara, Dora Garcia, Sharon Gilbert, Peter Goin, Geert Goiris, Laurent Grasso, David Greene, William Hamilton et Pietro Fabris, Haus Rucker-Co, Werner Herzog, Michael Heizer, Marianne Heske, Susan Hiller, Hans Hollein, Victor Hugo, Peter Hutchinson, Robert Kinmont, Athanasius Kircher, Jiri Kolar, Julius Koller, Gioacchino La Pira, Horacio Larrain Barros, John Latham, Barbara et Michael Leisgen, Jochen Lempert, Dona Ann Mac Adams, John Martin, William Martin, Gordon Matta-Clark, Angela Melitopoulos et Maurizio Lazzarato, Ana Mendieta, Gustav Metzger, Karel Miler, Fina Miralles, Richard Misrach, Adrien Missika, Gernot Nalbach, Juan Navarro Baldeweg, Louise Neaderland, Isamu Noguchi, Pere Noguera, Y. Itowe Ogura, Gina Pane, Cornelia Parker, Giuseppe Penone, Zarh Pritchard, Guy Rottier, Jacques Rougerie, Sherman et Smith, Charles Simonds, Robert Smithson, Klaus Staeck, Graham Stevens, Petr Stembera, Hiroshi Sugimoto, Superstudio, Lars Von Trier, Joseph M. W. Turner, Nicolas Garcia Uriburu, Leonard De Vinci, Camillo De Vito, Pierre-Jacques Volaire, Jaume Xifra, Chen Zhen
Sublime. Les tremblements du monde

La «passion mêlée de terreur et de surprise», cristallisée par le philosophe Edmund Burke en 1757 en un mot, le «Sublime», exprime ce mélange d’attraction et de répulsion éprouvé par l’homme face aux manifestations déchaînées de la nature, le sentiment de sidération, de solitude, de toute puissance et de terreur mêlées face à son immensité. Ainsi, l’océan démonté sous la tempête, le réveil du volcan, les escarpements immaculés et les vallées sombres deviennent au XVIIIème siècle les stéréotypes de ce sublime largement représenté dans la littérature et la peinture romantiques.

A travers près de 300 œuvres, films et documents, complétés par les fonds de musées internationaux, l’exposition interroge le renouveau de cette notion de sublime dans un contexte contemporain et ses filiations avec le XVIIIème siècle, en rassemblant les œuvres d’une centaine d’artistes du monde entier, de Léonard de Vinci à Richard Misrach en passant par William Turner, Agnes Denes et Lars von Trier. L’exposition s’ouvre sur une géographie du terrible et de la peur à travers des pièces jouant sur l’ambiguïté de paysages contemplatifs ou idéalisés, aux stigmates invisibles. Elle révèle la persistance de notre fascination et la continuité d’une iconographie du Sublime. Elle s’attache également à montrer comment, dans cette persistance, s’inscrivent deux mutations radicales: celle de la position du spectateur des débordements du monde, prenant conscience de son rôle d’acteur, et celle de l’idée même de catastrophe.

Enfin, l’exposition évoque l’apparition depuis les années 1960-1970 d’une relation renouvelée à la nature passant par le réenchantement, une aspiration à une fusion avec les éléments d’une part, et à l’éveil d’une conscience écologique d’autre part, s’exprimant tant sur le terrain poétique que via le politique et renouant, là encore, consciemment, avec une certaine iconographie du sublime romantique. Elle s’appuie notamment sur la génération des artistes de l’Earth art et du Land art qui interagirent directement avec le paysage et les éléments en réalisant des interventions ou performances in situ. Des contrepoints historiques, scientifiques et cinématographiques (revues, fonds d’archives, documents de sociétés de géographie ou de vulcanologues) complétent le parcours, en vue d’esquisser une généalogie non linéaire de ces tremblements du monde.

Commissariat Hélène Guenin et Hélène Meisel, respectivement responsable et chargée de recherches au Pôle Programmation, Centre Pompidou-Metz

Informations pratiques
Centre Pompidou-Metz
1, parvis des Droits-de-l’Homme. 57020 Metz
Renseignements: 03 87 15 39 39