ART | EXPO

Studio La Nuit

18 Oct - 08 Déc 2007

Pour sa première exposition personnelle à la galerie, au sein de l’espace "Sidewalk Yvon Lambert" récemment inauguré, Damian Moppett présente un ensemble de nouvelles oeuvres comprenant neuf peintures et deux sculptures.

Damian Moppett
Studio La Nuit

Plusieurs constantes marquent la pratique de Moppett comme artiste. D’abord, un électrique et personnel catalogue de références : à des œuvres et à des artistes particuliers du passé et du présent (Calder, Brancusi, Rodin, Rauschenberg, Fischli and Weiss..); à des œuvres dans son atelier ; au phénomène de la culture populaire et à des pratiques culturelles, en marges du monde de l’art.
La première étape de Moppett est de recueillir et de documenter ses références, sources en fonction d’un ensemble de critères subjectifs qu’il applique toutefois de façon systématique ; les documents assemblés (qui seront ou non exposés) forment alors une archive extensible de références.

Parmi les groupes de motifs présents dans les dessins et aquarelles de Moppett, l’un des plus importants et cohérents est celui de l’atelier, comme le souligne le titre de son exposition.
Moppett photographie son espace de travail à répétition, pour ensuite réinterpréter les images dans des dessins ou aquarelles et, plus récemment, dans des peintures à l’huile.

Ce qui frappe dans les dessins et aquarelles de Moppett sur l’atelier est l’importance qu’il accorde à la source lumineuse. Œuvre après œuvre, la scène est illuminée par une ampoule nue au plafond ou une lampe de bureau. Les formes que l’éclairage dramatique sculpte dans la nuit de l’atelier, que la lumière vive mais concentrée de la lampe de travail sélectionne, fabriquent une sorte de théâtre de la transformation.
La récurrence des sources de lumière – un symbole de l’inspiration et du processus créateur commun au romantisme et à la culture populaire – attire notre attention sur les processus conceptuels qui informent aussi son travail. Elles sont comme la lampe d’un casque de mineur, illuminant symboliquement le minerai à exploiter dans l’imaginaire de l’artiste.

Dans ses peintures de l’atelier, comme dans la sculpture, Moppett médite et interroge son autorité de créateur, la sienne et celle des artistes et artisans qu’il cite.
Dans son vocabulaire qui repose tant sur les processus de la copie et de la citation, les motifs sont en grande partie trouvés ou hérités, et cette autorité partagée n’a rien d’héroïque, contrairement aux traditions romantiques du génie et de l’original, dont le modernisme est l’héritier. Par ses retours sur le passé de l’histoire de l’art et ses incursions dans les mondes mineurs de l’invention formelle, Moppett définit une disposition astucieuse où la récupération esthétique et la transformation du champ culturel sont au premier plan.

Pour Moppett, l’atelier est le lieu où l’archive devient répertoire où, en d’autres mots, les lieux de mémoire de sa propre pratique incarnée. Dans la galerie, Moppett consolide le travail intellectuel, introduit dans l’atelier par la métonymie de l’ampoule, par des ensembles hautement structurés d’oeuvres en deux et trois dimensions. C’est ici, dans l’arène publique de la galerie que Moppett parvient à transformer son processus de mise en contexte de lui même, fondement de son travail – commencé dans l’atelier – en un récit de la pratique artistique, tant personnelle qu’impersonnelle, et à le mettre en scène devant un public savant afin qu’il soit interprété et réinterprété à la lumière de la chute de l’académie et des modernistes aussi.

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