ART | EXPO

Stop look & dream

08 Juin - 27 Juil 2013
Vernissage le 07 Juin 2013

Sophie Hurié présente un ensemble de photographies, dessins et pièces en volume évoquant notamment les questions de la mémoire, de l’ornement ou encore de l’artefact. Par ce questionnement, notamment sur la mémoire, elle sonde ses relations aux souvenirs d’enfance et à l'auto-fiction.

Sophie Hurié
Stop look & dream

Les oeuvres de Sophie Hurié se construisent à partir d’un élément fragmentaire réel – comme une photographie ou un badge de son enfance – et produisent une auto-fiction. Cette expression de la mémoire intime de l’artiste matérialise la subjectivité collective du public.

L’œuvre et son objet se situent dans un décalage assumé aux frontières troubles. L’artifice déplace la réalité et le fictif dans une expérimentation de la matière et de la perception sans cesse renouvelée. Des jeux d’échelles, de matières et de fonctions perturbent notre lecture: pour exemple The Pink house reprend les formes d’une maison habitée par l’artiste mais à l’échelle de maquette. Réalisée selon le point de vue d’une photographie, la construction ne comporte qu’une face volumétrique de l’habitation tel un décor.

L’ornement tient une place centrale au sein de l’exposition «Stop Look & Dream», il n’est plus un élément décoratif rehaussant une surface mais la surface même d’exploration. Ainsi la série photographique The Village dévoile des fragments architecturaux et végétaux. Le détail acquiert la valeur de paysage, il devient narration, comme une concrétisation de la définition du paysage selon Gilles Clément et tirée de sa leçon inaugurale à la Chaire de création artistique au Collège de France en 2011: «À la question: qu’est-ce que le paysage?, nous pouvons répondre: ce que nous gardons en mémoire après avoir cessé de regarder; ce que nous gardons en mémoire après avoir cessé d’exercer nos sens au sein d’un espace investi par le corps. Il n’y a pas d’échelle au paysage […]».

Le végétal ponctue subtilement l’ensemble de cette exposition, esthétique d’un jardin rêvé, objet déplaçant les normes: un rideau couvert de motifs floraux occupe la galerie comme un voile sur nos réalités et codes.

Artiste plasticienne, Sophie Hurié questionne la mémoire, et plus particulièrement ses relations aux souvenirs d’enfance. Elle construit des univers par le biais de maquettes, photos, projections avec une recherche chromatique prononcée. Des bribes du réel se mêlent alors à un discours fictif, «jeu de télescopage entre rêverie et réalité».

Sophie Hurié produit également des jeux de grandeur dans ses créations, troublant notre perception du lieu comme de notre mémoire de cet espace invoqué-utilisé. Sous des premiers aspects ludiques son travail s’insinue la part d’emprisonnement intrinsèque à tout univers clos, telle une dystopie.