ART | EXPO

Statik Dancin’

28 Sep - 21 Déc 2007

Dans cette exposition, Stéphane Dafflon associe, sous un angle minimaliste, sculptures, peintures et installation afin de proposer une relecture de la peinture abstraite et du Pop art.

Stéphane Dafflon
Statik Dancin’

Au Frac Aquitaine, Stéphane Dafflon a choisi d’associer sculptures, peintures et installation dans un espace volontairement dépouillé. Il poursuit ainsi son travail artistique sous un angle minimaliste, dérivé d’une esthétique liée au design industriel et à l’aménagement d’intérieur, qui manifeste à la fois une relecture de la peinture abstraite et du Pop art.

A l’intérieur du hangar G2, l’artiste a disposé aux murs des tableaux dont les motifs révèlent des parallélogrammes inclinés, des cercles et des carrés aux angles arrondis, peints avec des couleurs primaires. La palette graphique semble extraite du logiciel Illustrator, les formes étant ramenées à la surface par les couleurs comme pour les livres de coloriage.
Selon Jeff Rian, ces jeux optiques sont là pour « stimuler la mémoire des formes ». Ils ne sont pourtant pas aussi stables et conventionnels ; ils sont pour ainsi dire « altérés », Stéphane Dafflon leur faisant subir des déformations (les carrés aux angles arrondis ne sont ni tout à fait des carrés, ni tout à fait des ronds).

Alors même que ces signes pourraient évoquer de loin des objets bien réels, des hublots d’avion ou des écrans télévisés, ils s’affichent sans slogan. Ce qui contredit toutefois que les œuvres de Dafflon soient de nulle part, bien au contraire : elles s’enracinent dans une histoire qui tient de sa lecture des logos industriels, des peintures chromatiques de Ad Reinhardt, des toiles monochromes de Olivier Mosset et du mobilier design tel qu’il a été traité par John Armleder.

L’exposition fonctionne comme un faux décor en permanence. Ses tableaux et ses sculptures structurent l’espace autant qu’ils le déforment : la peinture murale, au fond de la nef du hangar, investit le mur dans sa totalité et semble repousser les limites tangibles du bâtiment. Les sculptures en cercle, placées au centre de l’exposition, démultiplient l’espace en faisant glisser notre regard sur les parois d’acier en miroir incurvés. La forme aérodynamique de ces objets crée à la fois une explosion et une implosion au cœur de l’exposition, à l’image d’un cratère futuriste. Alors que tout semble statique et silencieux, le jeu entre les sculptures et les tableaux, aux motifs dérivés des modèles du postmodernisme, crée un champ d’investigation qui relève d’une perception presque comportementale.

L’exposition devient acoustique, une invitation au mouvement imperturbable ou à la stabilité au risque d’un bouton « moteur ».