ART | EXPO

Statuettes and Drawings

10 Sep - 08 Oct 2011
Vernissage le 10 Sep 2011

Tantôt mutiques tantôt déformés par un cri intérieur semblant résonner dans l’espace, les personnages peuplant les dessins et les sculptures de Cameron Jamie sont dépositaires de la même énergie cathartique.

Cameron Jamie
Statuettes and Drawings

À la faveur d’une série inédite de dessins à l’encre de chine et de sculptures en céramique émaillée, émerge une galerie de personnages à l’étrangeté élégiaque, presque poignante, qui semblent interroger la nature de la condition de l’homme et sa destinée tragique d’animal social.

Faisant mine de se détourner du visiteur pour se replier dans un univers autonome régi par ses propres lois, les sculptures de Cameron Jamie obligent le spectateur à en faire le tour pour venir leur faire face. De cette confrontation vitale peut naître une réaction de crainte, un mouvement de colère ou un élan d’amour. Tantôt mutiques tantôt déformés par un cri intérieur semblant résonner dans l’espace, les personnages peuplant les dessins et les sculptures de Cameron Jamie sont dépositaires de la même énergie cathartique.

Les sculptures en céramique sont le prolongement tridimensionnel des dessins que Cameron Jamie produit de manière prolifique depuis le début des années 2000. De même que l’artiste laisse les caprices de l’encre tracer sur le papier un paysage accidenté de lignes biomorphiques, il permet aux sculptures de «déterminer leurs propres formes», retrouvant dans l’argile — support des premières créations de l’enfance — un rapport primitif, magique, à la substance organique.

«Beaucoup de ces créatures fragiles ne survivent pas jusqu’à l’exposition», explique Cameron Jamie. «Dans la céramique, Il y a beaucoup d’échec, de casse, une forte dimension expérimentale». Les œuvres présentées dans l’exposition sont le fruit d’un «big bang», d’une rencontre alchimique entre des forces contraires. L’artiste a travaillé le socle de ses sculptures à la main dans un véritable corps-à-corps avec la matière, produisant des objets artistiques non identifiés, à l’apparence mi-osseuse, mi-rocheuse, dans une gamme colorée allant du doré au marron.

En renouant avec la céramique — art du feu ancestral — Cameron Jamie en célèbre le caractère profondément temporel, séquencé par le rythme des cuissons et l’émaillage de l’argile. Au plus proche d’un cycle naturel, cette humilité de moyen et cette relation intime à la matière situent le travail de Cameron Jamie aux antipodes d’un art contemporain industriel et spectaculaire.