ART | EXPO

Sociétés secrètes

09 Nov - 26 Fév 2012
Vernissage le 09 Nov 2011

Les sociétés secrètes vues à partir de l’art contemporain. Les aspects occultes du monde ont toujours plus intéressé les artistes que les journalistes qui interrogent davantage les limites de l’idéologie de la transparence à l’ère médiatique de la surexposition.

Dan Attoe, Armin Boehm, Cris Brodahl, Steve Claydon, Enrico David, Brice Dellsperger, Gretchen Faust, Julian Göthe, Uwe Henneken, Benedikt Hipp, Jenny Holzer, Rashid Johnson, Terence Koh, Donghee Koo, Elad Lassry, Gabriel Lester, Goshka Macuga, Duncan Marquiss, David Noonan, Markus Schinwald, Carl Michael von Hausswolff, Michael Esposito, etc.
Sociétés secrètes

L’humanité a toujours été fascinée par les sociétés secrètes, leurs rites clandestins, savoirs occultes et cercles exclusifs. Historiquement, les sociétés secrètes existent depuis presque aussi longtemps que la société elle-même. Elles désignent aussi bien des groupements de confréries inoffensives que des organisations puissantes animées par une ambition politique et financière. En période de crise, les sociétés secrètes gagnent en visibilité, sans doute parce que les valeurs alternatives qu’elles véhiculent trouvent plus de prise dans un contexte instable.

L’exposition aborde la question des sociétés secrètes à travers le prisme de l’art contemporain, et dans un contexte de révélation médiatique—de WikiLeaks aux agences de notations pour citer deux exemples récents. Les aspects occultes du monde ont toujours intéressé les artistes. A la différence des journalistes qui investissent l’actualité, ces derniers s’approprient et détournent les mécanismes du secret, interrogeant davantage les limites de l’idéologie de la transparence à l’ère de la surexposition qu’ils ne révèlent directement l’identité d’acteurs ou les enjeux qui les animent.

Plus d’une centaine d’oeuvres, parmi lesquelles tableaux, photographies, sculptures, films, installations, documents et des pièces à conviction, a été réunie pour l’occasion. L’exposition présente le travail de cinquante-deux artistes internationaux. Elle fonctionne comme un rite initiatique déployé sur deux étages du musée et divisé en cinq sections—initiation, maîtres occultes, conspiration, savoirs occultes, états altérés de la conscience—faisant passer le visiteur de l’obscurité à la surexposition.

Le terme «sociétés secrètes» désigne des groupes animés par divers intérêts et objectifs politiques, sociaux, économiques, religieux, ésotériques et occultes de nature conspirationnelle. Qu’il s’agisse d’alliances inoffensives comme les teenage groups ou confréries étudiantes, ou de trusts influents, de telles organisations agissent toujours dans l’ombre afin de préserver leur savoir secret et protéger leur cercle fermé. Ceci n’est généralement possible qu’en maintenant des règles strictes de confidentialité et passe par l’utilisation de signes, symboles et codes spécifiques que seuls les initiés peuvent comprendre. Ainsi, l’existence du groupe s’en trouve dissimulée.
La plupart des organisations secrètes ont une structure hiérarchique caractéristique. Elle s’articule autour d’un chef inconnu qui peut être un maître masqué, un cercle confidentiel ou un être supérieur qui contrôle le cours des choses et maintient secrètes les connaissances du groupe. Les organisations secrètes ont toujours fait l’objet de suspicions de la part des non-membres, tout en les fascinant.

L’acceptation au sein d’une société secrète passe par une épreuve initiatique stricte. Le disciple laisse derrière lui son ancienne existence, intègre le cercle. Pour cela, il est initié à son langage, à sa structure et à son savoir occulte. De nouvelles connexions, de nouveaux modèles et de nouvelles relations entre des choses qui lui semblaient auparavant radicalement opposées, apparaissent désormais dans la transparence de la mince couche de vernis de la vie quotidienne.
C’est cette combinaison de passion, d’aveuglement, d’opacité et d’énergie subversive qui fascine et effraie, qui alimente les théories du complot et qui, au final, apparaît comme une alternative plus ou moins sombre aux systèmes de valeurs économique, politique ou technologique conventionnels. L’exposition montre comment les sociétés secrètes, avec leurs rituels initiatiques, langages formels et cercles d’initiés reflètent certains mécanismes de l’art contemporain et comment, à l’inverse, des artistes répondent à ces rites et symboles, rendant visibles certains liens entre société et sociétés secrètes.