ART | EXPO

Smokebombesmoke

28 Oct - 18 Nov 2012
Vernissage le 27 Oct 2012

Pour la dernière exposition en ses murs, voués à la destruction, OUI accueille SMOKEBOMBSMOKE, une exposition qui «part en fumée» mais sous les projecteurs, expérimentant la création d'œuvres in situ mises en lumière par les Tentacles Thought de Navid Nuur.

Navid Nuur
Smokebombesmoke

Navid Nuur réalise ce qu’il nomme des interimodules afin de se soustraire aux termes sculpture, installation ou encore œuvre in situ, qu’il juge trop rigides.

Il en est ainsi de ses Tentacles Thought, modules en tubes néons. Ces pièces prennent leur origine dans l’atelier de l’artiste, non pas directement comme travail artistique mais plutôt d’abord comme installation électrique pratique, en vue de faciliter son activité. N’ayant pas d’éclairage au plafond de son atelier, ni de fixations, il branche ses tubes de néons et les laisse au sol. De cette première expérimentation, fortuite, naissent ces pièces.

Pour «SMOKEBOMBSMOKE», les murs et le sol de l’espace d’exposition sont recouverts de bâches en plastique, ne laissant à nu que les interimodules de l’artiste, toiles vierges de différents formats et sculptures. Des fumigènes colorés sont ensuite lâchés dans le lieu. La fumée remplit le volume de la pièce, les couleurs se mélangent, l’espace est saturé. Puis, grâce aux courants d’air générés par l’ouverture des fenêtres et des portes, la fumée se dissipe. Apparaissent des objets peints selon la direction des courants d’air, le temps et la configuration du lieu – combinaison de couleurs, de formes et de volumes.

«SMOKEBOMBSMOKE» est un projet que Navid Nuur souhaite réaliser depuis 2010, sans avoir pu le faire jusque là. Le point de départ se situe dans un autre travail de l’artiste, The Eye Codex of the Monochrome (1984-2010), œuvre qui interroge le monochrome comme perspective multicouche. Ici, la couleur se dépose en couches successives délimitées par le volume, l’espace d’exposition, et imprègne les objets laissés à découvert. Navid Nuur utilise la métaphore du fumage pour parler de cette pièce. L’idée est de fumer le lieu comme on fume de la viande ou du poisson: le mélange des bois et leur fumée pénètrent la chair, donnent le goût et l’odeur à l’aliment. Ici, l’artiste fume des toiles, les objets changent alors de statut pour devenir des volumes, la fumée les ayant imprégnés de toute part. Des vidéos et images montrent le processus, le déploiement d’énergie éphémère – chaque artifice ne fume que pendant une minute – et sa déperdition.

«SMOKEBOMBSMOKE» clôt donc avec énergie les cinq années de programmation du centre d’art – le bâtiment qui abrite aujourd’hui OUI va être détruit. Mais partir en fumée permet de réapparaitre ailleurs, sous une autre forme, toujours avec cette volonté de rester affirmatif.