ART | EXPO

Slave to the shit

28 Mai - 21 Juin 2016
Vernissage le 28 Mai 2016

L’exposition «Slave to the shit» à la galerie Patricia Dorfmann nous introduit dans le monde et la démarche engagée de Malachi Farrell. Des dispositifs composés d’objets animés électroniquement expriment la violence de nos sociétés et nous conduisent à réévaluer notre propre liberté.

Malachi Farrell
Slave to the shit

L’exposition «Slave to the shit» de Malachi Farrell s’impose d’emblée par son orientation éminemment politique. On entre dans un monde peuplé de dispositifs faits d’objets assemblés et animés par des circuits électroniques sophistiqués. Cette chorégraphie d’objets est accompagnée de sons, de lumières, d’images et de mots.

Ces installations savamment orchestrées créent un univers où toutes les valeurs semblent inversées. Les pires travers de nos sociétés contemporaines sont exhibés sans ménagement: des sachets de drogue sont offerts comme des friandises, des dessins affichent des animaux fiers de leur appartenance à des organisations xénophobes, etc.

Un billet de banque américain dans lequel des crocs ont été découpés jaillit d’une niche comme un chien qui monte la garde. Plus loin, une tête de bœuf constituée d’autres dollars mâche des billets verts et des pistolets menacent des chaussures.

L’homme est le sujet véritable de ces mises en scènes d’objets, mais sans jamais être montré. On le devine au travers de chaussures ou de l’enregistrement sonore foule. L’illusion est au centre de lexposition: Malachi Farrell crée un monde où tout est factice, et qui pourrait n’être qu’une mise en scène ludique. Pourtant tous ses éléments, les dollars, les armes ou la drogue, sont bien le reflet d’une réalité. Ils sont une sorte de modèle réduit de la société humaine, ils en exposent toute la violence dans une théâtralité mêlant l’émotion et l’humour autant que la prise de conscience.

Le titre de l’exposition, «Slave to the shit» (Esclave de la merde), renvoie précisément à ce que Malachi Farrell dénonce. Au travers d’un univers faussement illusoire, l’artiste irlandais nous pousse à nous interroger sur le caractère réel ou illusoire de la liberté dans une société placée sous la dictature de l’argent, de la drogue, des inégalités raciales et des nouvelles technologies.