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21 Mai - 23 Août 2015
Vernissage le 20 Mai 2015

Gilles Saussier développe une démarche documentaire expérimentale, dans laquelle les photographies ne figent pas les gestes et les récits de l’Histoire, mais bousculent le travail de définition stable de la mémoire des images. Cette rétrospective rassemble des extraits de ses principaux projets menés au Bangladesh, en France et en Roumanie.

Gilles Saussier
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Engagé en faveur de la photographie, le Frac Haute-Normandie possède un fonds de plus de 500 œuvres photographiques et y consacre régulièrement des expositions monographiques («Geneviève Cadieux» en 2001, «Bill Jacobson» en 2007, «Bernard Plossu» en 2007, «Darren Almond» en 2011) ou thématiques «(Identité(s) territorialité(s)» en 2010, «Learning Photography» en 2012).

Cette année, l’exposition monographique est dédiée au photographe Gilles Saussier dont le Frac Haute-Normandie possède un ensemble d’œuvres. Cette rétrospective rassemble, pour la première fois, des extraits de ses principaux projets menés au Bangladesh, en France et en Roumanie: Studio Shakhari Bazar (1997-2007), Envers des villes, endroit des corps (2003-2008), Le Tableau de chasse (2003-2010), B. Mineur (2010-2015). Ces quatre «sites» bien distincts, évoquent des lieux spécifiques — la rue, le quartier HLM, le cimetière, l’usine — mais placent tous l’histoire et la mémoire au cœur du projet.

Gilles Saussier propose depuis la fin des années 1990, une démarche documentaire expérimentale, dans laquelle les photographies ne figent pas les gestes et les récits de l’Histoire, mais bousculent au contraire le travail de définition stable de la mémoire des images. Modifiant en permanence l’interprétation, le sens, et la destination de séries d’images, tirées ou non de son activité passée de photojournaliste, la pratique de Gilles Saussier assume l’acte photographique comme un acte performatif, entre relecture de la tradition documentaire, variables anthropologiques et héritage du minimalisme. Ses photographies ont en commun le rapport à la mémoire des sans-voix, l’Histoire racontée par les pouvoirs dont les médias, la relation du document au monument.

«Je cherche une forme d’engagement et de corporéité qui n’est plus celle du reporter. Je suis dans ce que je photographie, j’interviens, je performe. Mes images mettent mon corps en jeu et non plus l’inverse. Je cherche un autre corps de photographe et un autre corpus d’images pour tourner le dos au fantasme qui croit qu’en engageant son corps on n’engagerait que soi-même.» (Gilles Saussier)