ART | EXPO

Sing to them that will listen

21 Oct - 10 Jan 2009
Vernissage le 21 Oct 2008

Par ses sculptures hybrides, Bharti Kher tend à gommer les frontières qu’engendre la société, entre les classes, les races, les genres, etc. Pour elle, la mutation est une technique de survie, un système de camouflage et un subterfuge, lui permettant de résister aux présupposés.

Bharti Kher
Sing to them that will listen

Bharti Kher crée des fables fantastiques peuplées d’animaux emportés dans un tourbillon primitif de bindis en forme de spermatozoïdes ; de panthéons de chimères mi-femmes mi-singes et d’hôtes évanescents évoluant dans des intérieurs aisés et décalés.

Avec l’intelligence et l’effronterie d’un savant fou, elle déploie une sensibilité provocatrice dans ces fables issues d’une dystopie technologique et écologique, où machines, êtres humains, faune et flore sont exangues.

A travers ses créatures mutantes, Kher révèle le malaise et la comédie qui se jouent lors de ses rencontres avec l’Inde des métropoles et des petites villes.

Les artistes à l’œuvre sur les paradigmes contemporains de l’espace mondial et national se trouvent au carrefour de deux voies : faire écho aux tropismes de l’opinion générale, ou se renfermer dans des réflexions intérieures éloignées du chaos du monde extérieur. Kher choisit de vivre dans l’entre-deux.

D’emblée, elle puise dans la double identité qui est la sienne, indienne et britannique. Mais également, elle situe son œuvre dans les interstices d’une société structurée en division de classes et de genres, qui aspire à sans jamais y parvenir à une “réelle modernité”.

Cette dernière est décrite par le sociologue Bruno Latour comme une société “hybride”, c’est-à-dire un lieu où les différences entre êtres humains et nature, écologie et politique s’estompent.

C’est précisément le gommage de ces frontières que recherche Kher. Elle se situe dans l’espace résiduel entre extérieur à société ballottée par un marché mondialisé – et intérieur, univers de rites et de désirs réprimés.

Pour Kher, la mutation est une technique de survie, un système de camouflage et un subterfuge auquel elle fait appel en résistance aux vieux régimes patriarcaux et pour inventer ses nouveaux mondes hybrides.

Les créations de Kher prennent ainsi leurs propres trajectoires à contre-pied, pour mieux courir, déracinées, à travers les entre-mondes auxquels elles auront donné naissance.

Vernissage
Mardi 21 octobre. 16h-21h.