ART | EXPO

Simple Dames

04 Fév - 19 Mar 2005
Vernissage le 03 Fév 2005

Une exposition sortie d’un songe. Des mannequins installés sur des sculptures simulent la perte de conscience et la plongée dans le rêve. Des portraits de femmes aux activités normalement dévolues aux hommes masculines et une série de miniatures au mur. Des pieces inédites empreintes d’humour et de sarcasme.

Communiqué de presse
Virginie Barré
Simple Dames

Le titre est une clef pour entrer dans un univers en trompe-l’œil. Il sonne familier, emprunt d’une douce simplicité mais c’est un leurre.
À l’image de ses deux récentes installations, C’est sans danger (exposition «In Extremis» dans le cadre du «Printemps de Septembre», Toulouse, septembre 2004) et Ecarlate (FRAC Basse-Normandie, Caen, octobre 2004), l’artiste donne à l’exposition «Simple Dames» les contours d’un songe.
Une scène s’arrête, se fige dans un temps suspendu même si les corps représentés semblent lestés d’une curieuse réalité. Ici les mannequins sont installés sur des sculptures inspirées des «sacco» de Piero Gatti et Cesare Paolini et Franco Teodoro (1968). Ces installations expriment bien le basculement qui est au cœur du travail de l’artiste: perte de conscience, évanouissement, une plongée dans le rêve.
«Il n’y a pas de rêve qui soit totalement un rêve» (Bill dans Eyes Wide Shut de Stanley Kubrick) On y sent quelque chose de familier, qui se réfère au foyer, à la maison, aux hôtes qu’elle abrite et en même temps on y perçoit de l’«Unheimlich», cet effroyable qui se rattache aux choses connues depuis longtemps, quelque chose qui aurait dû demeurer caché et qui a réapparu.
Aux murs, une série de dessins montre des portraits de femmes : aviatrice, bûcheronne, femme armée, en tenue de bain ou drapée dans une robe bien coupée, ces images rappellent les femmes à «cœur d’homme» dont parle Françoise Héritier:

«Chez les Indiens Piegan canadiens, il existe un type reconnu de femmes qui ne se comportent pas avec la réserve et la modestie de leur sexe, mais avec agressivité, crâneries et hardiesse. Elles n’ont pas de retenue en paroles ni en actes : certaines urinent publiquement, comme des hommes, chantent des chants d’hommes, interviennent dans les conversations masculines. Ce comportement va de pair avec une maîtrise parfaite des tâches tant masculines que féminines qu’elles exécutent. On les pense actives sexuellement et non conventionnelles en amour. Elles ont la «force».»

Enfin, une série de miniatures sont présentées : une poupée Barbie qui s’est laissé grossir et des petits décors pliables, leur déploiement, emprunté au pop-up (livre animé), fait surgir, dans un «éclatement», une image en relief où se mêlent végétation et personnages dissimulés.

critique

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