ART | INSTALLATION

Seven acts of love in seven days of Boredom

15 Juin - 29 Juil 2012
Vernissage le 14 Juin 2012

«Seven acts of love in seven days of Boredom» est une installation multimédia de grande envergure. Cette œuvre protéiforme, située à la croisée du texte, de l’image et du son prend en effet racine dans une série d’appropriations et de traductions qui peut être comparée au concept Deleuzien d’entretien.

Katia Kameli
Seven acts of love in seven days of Boredom

Loin de la logique identitaire qui conçoit le monde sur le mode de la disjonction, le travail de Katia Kameli repose sur sa propre expérience et son identité plurielle. Protéiforme, il exprime l’entre-deux, l’intermédiaire où le signe d’appartenance est rejeté au profit de la multiplicité pour déjouer le dualisme latent et sortir du «ou bien»: algérienne ou bien française.

Selon l’un des pères fondateurs des Cultural Studies, Stuart Hall, «l’identité culturelle n’est pas figée, elle est hybride et découle toujours de circonstances historiques particulières». Le positionnement de l’artiste est donc celui de l’hybridité, le «tiers-espace», il rend possible l’émergence d’autres visions, de positions, de formes. Ce tiers-espace dérange les histoires qui le constituent, il les place en état critique, il permet donc une réécriture, des allers-retours entre «l’Histoire» et les «narrations». En anglais, il existe deux mots pour une même étymologie: history et story.

Le premier défini la discipline, celle de la mémoire des hommes, le deuxième signifie le récit, réel ou imaginaire. Ce sont ces croissements qui nourrissent son travail et qui produisent une pensée interdisciplinaire et des formes plurielles. Seule ou en collaboration, que ce soit par l’intermédiaire de la vidéo, de la photographie, de l’installation ou du son, son intérêt se porte sur la superposition, le glissement du cadre des référents inhérents à toute identité afin d’en articuler une réinterprétation.

«7 acts of love in 7 acts of boredom» est un projet colaboratif initié lors de sa résidence à Location One à New-York grâce à un programme de CulturesFrance. 7 actes d’amour en 7 jours d’ennui est une installation transversale et multi-canal. C’est une cartographie composée de textes, vidéos et différentes formes sonores. La scénographie reste modulable en fonction du lieu d’exposition.

Lors de sa résidence à Location One, Katia Kameli a demandé à des New-Yorkais d’écrire des textes sur leurs mythologies intimes et relationnelles liées à cette ville. Ces textes, ces fragments de réalité, recèlent un potentiel fictionnel. Ils forment une «psychogéographie» collective de New-York et vont devenir les synopsis de l’installation que l’on peut retrouver dans le livret de l’exposition. Les textes, cœur de ce dispositif, sont présentés de manière autonome et sous forme papier. Ils sont disponibles et distribués lors de la diffusion.

Leurs auteurs, Pedro Barateiro, Pauline Bourgogne, Guillaume Darrase-Jeze, Isabel Sobral, Elisa Tan, Catherine Texier, Shanxing Wang ont tous un rapport différent à l’écriture et à New-York. Ils reflètent le caractère hétérogène de cette ville et donnent des repères psychogéographiques. Les vidéos sont inspirées par les textes commandés, considérés comme des synopsis ouverts, ils servent de prétexte à la dérive et génèrent des images hétéroclites. Chacune a une temporalité différente. Elles sont projetées sur 6 panneaux de rétroprojection avec chacune leur propre source sonore. La pièce sonore de la compositrice Noriko Tujiko (Mego) est diffusée dans l’espace par d’autres enceintes, elle enveloppe toute l’installation comme un panoramique. Noriko travaille à partir du texte d’Eliza Tan découpé en 7 actes poétiques. Le spectateur se retrouve, ainsi, lui-même dans une situation de dérive, face à plusieurs écrans et plusieurs sources sonores.