ART | EXPO

Serpentine

06 Juin - 25 Juil 2014
Vernissage le 06 Juin 2014

Mêlant installation et sculpture, la pratique de Mathias Tujague consiste à créer des situations et des environnements à expérimenter. L’artiste s’empare d’objets du quotidien qu’il reproduit en procédant à un changement d’échelle et de matériaux. Par ce procédé, il les prive de leur fonctionnalité initiale et leur confère une présence différente.

Mathias Tujague
Serpentine

Par sa pratique, qui mêle l’installation et la production d’objets sculpturaux, Mathias Tujague crée des situations et des environnements à expérimenter. Pour attirer l’attention sur des objets du quotidien, il les reproduit en misant sur des changements de matériaux et d’échelle qui, tout en ôtant leur fonctionnalité de départ, leur donne une présence différente. Bien que le faire soit très important dans sa démarche, très peu de traces témoignent du côté artisanal de ses œuvres qui paraissent réalisées de manière industrielle.

Pour son exposition à la galerie Roger Tator, l’artiste a transformé l’espace de la galerie en véritable atelier et a développé une écriture sculpturale à contrainte. Il a expérimenté diverses techniques et matériaux bruts — comme le plâtre, le bitume et les pigments — qu’il a appréhendé tel un artisan en veillant toutefois à ce que le geste disparaisse pour devenir matière. Il présente notamment un empilement de galettes de plâtre dans lesquelles ont été ajoutés des pigments et qui proviennent d’une succession de procédés métamorphiques.

Le titre de l’exposition «Serpentine» renvoie à la fois à une famille de minéraux de coloration verte et à la célèbre «danse serpentine» exécutée par Loïe Fuller, dans un film des Frères Lumières, colorisé à la main.

«Mes pièces sont caractérisées par une certaine aridité, vidées de leur contenu, mais possédant le moyen de se réactualiser, seules ou en présence d’autres éléments.
Je produis mes pièces seul ou avec l’aide de personnes compétentes (menuisiers, ébénistes, etc.), chaque projet devenant prétexte à utiliser un nouvel outil ou d’apprendre de nouvelles techniques.

La facture finale ne laisse pourtant transparaître que très légèrement l’action de ma main sur l’objet, comme tentative désuète de camoufler cette action ou les phases laborieuses de son élaboration ou de sa fabrication, laissant planer le doute quand à son réel mode de construction. La longue période de fabrication des objets est une étape indispensable à l’élaboration et à l’évolution de mes projets, c’est lors de cette période de construction que se produiront les formes à venir et les assemblages qui en résulteront.»