ART | EXPO

Serendipity

30 Mai - 19 Sep 2015
Vernissage le 30 Mai 2015

Les quatorze artistes de la galerie rassemblés ont tous leur univers singulier ici intitulé «Serendipity», qui signifie en anglais «faire des découvertes de façon inattendue, découvrir avec surprise de nouveaux objets ou relations sans les avoir cherchés».

Emilie Bazus, Géraldine Cario, Anne Cindric, Régis Crozat, Marion Davout, Romina De Novellis, Alain Deswarte, François Fries, Noëlle, Monica Sanchez-Robles, Keita Mori, Nicolas Tourte, Clémence Veilhan, Adrianna Wallis
Serendipity

Cette exposition collective réunit 14 artistes de la galerie. Elle s’intitule «Serendipity», ce qui en anglais exprime: «faire des découvertes de façon inattendue. Découvrir avec surprise de nouveaux objets ou relations sans les avoir cherchés».

Le travail de Noëlle puise sa source dans sa pratique de restauratrice. Il s’appuie sur son amour de la maîtrise technique, artisanale, sa connaissance des propriétés de la matière et son désir de retrouver dans l’œuvre la trace du geste de la fabrique. Prendre la feuille de métal carrée comme module de base. Décliner ce module suivant les rythmes et les formes (pleins/vides, carrés/lignes) sur un support préparé suivant les techniques anciennes (poses successives du gesso di Bologna et de la colle de peau de lapin, ponçage, passage de la gomme-laque).

Le travail de Nicolas Tourte questionne avec humour et dérision la place de l’homme dans l’univers. Il traite principalement le caractère cyclique de notre condition humaine et la notion de virtuel. Les représentations auxquelles il nous confronte peuvent se traduire par le corps, le paysage et l’objet. Il convoque installation, sculpture et dessin en privilégiant les outils numériques liés au traitement de la photographie et de la vidéo.

Fascinée par les manifestations du pouvoir et de la force, Anne Cindric cherche à les figurer et leur donner corps pour en montrer les apparences et les failles. Elle mêle différents médias pour représenter tout un monde, ambigu, à la fois cruel et délicat, allant de torses tatoués testostéronnés mais suturés de soie rouge, de chefs d’états à la mode africaine, de héros de fantaisie, de gens de guerre, de colifichets du pouvoir, de productions officielles, aux personnages de jeux vidéos ou de la grande histoire.

L’inspiration de Régis Crozat puise ses fondements dans le lieu investi: à Châtel, ses travaux de recherche sur l’Occident médiéval se sont imposés. Homme de culture, passionné par l’architecture, féru d’histoire et de civilisation médiévale, il crée ses compositions à partir de ses propres dessins et photographies, la nature avec ses paysages constituant une présence de fond. Comme en témoigne son travail depuis 20 ans, l’œuvre invoque souvent la narration.

Depuis dix ans, le travail de François Fries se développe de série en série. Chaque série reste ouverte, tel qu’un livre inachevé et où l’on peut toujours y revenir afin d’apporter quelque chose de nouveau. L’idée de sa série intitulée «Les paysages glissants» vient d’une étude lue par l’artiste, autour de la question du temps passé à regarder un tableau: un temps variable déterminé par le lieu (galerie, musée…), et le nombre de tableaux accrochés. «L’œil est d’abord accroché par le spectaculaire, le monumental… Comment une peinture peut-elle alors exister face à des centaines d’œuvres qui attrapent immédiatement tous les regards? Je pense à une peinture simple, on pourrait dire en « retrait », que l’on doit chercher, comme une quête…»

Emilie Bazus oriente son travail vers une peinture figurative inspirée de ses différents voyages en focalisant son regard sur les hommes, femmes et enfants en vêtements traditionnels. Ainsi l’idée phare de son travail est de mettre en lumière la beauté des différences dans un monde qui tend à s’uniformiser. Plus Emilie Bazus avance plus son œil s’est resserré sur des détails, les cadrages sont devenus des gros plans, morceaux de corps et étoffes, corps en morceaux. Ainsi, d’une image figurative elle peut arriver à une composition quasiment abstraite. Dans le même temps, elle s’est concentrée sur le rendu des matières et la saturation de motifs ornementaux des vêtements, ce qui participe aussi à brouiller le regard. Cette vision quasi cinématographique est fait de l’expérience de la photo et du cinéma ainsi que de toutes les images qui nous entourent, images publicitaires, écrans gigantesques…

Romina De Novellis, performeuse italienne, travaille sur le concept du corps en procession installé dans l’espace publique et métropolitain et suivi par le regard des passantes. Le geste est au centre des ses tableaux vivants. L’artiste veut représenter comment un état de transe, d’aliénation et de folie peuvent se manifester sur le corps surtout dans des conditions humaines précaires et aux marges de la société (liées au travail, aux relations sociales et familiales). Femmes, Saintes, Filles, Icônes de la vie quotidienne … les protagonistes du travail de Romina De Novellis viennent de l’anthropologie et de l’ethnomusicologie et deviennent un message social.

Plasticienne, photographe, Géraldine Cario possède une histoire lourde de sens qui a trait à la période la plus sombre de l’histoire. Au gré du temps, l’artiste a construit une œuvre unique sur la mémoire et la transmission avec une pudeur et un art de saisir l’instant dans le révolu, le futur sans conditions et le passé comme objet pour avancer.

Marion Davout tente de restituer l’étrange alliance de la ruine et de la somptuosité. A travers ses images de palais ou de maisons juste abandonnées, où la vie quotidienne est encore sensible, presque chaude dans des détails maintenant dérisoires, elle approfondit le fais silence qui s’est installé, l’envahissement de la végétation, immense et rapide, rapace, insolemment conquérante du vide à peine laissé.

La difficulté d’éliminer les pensées qui contaminent les choses de leur signification constitue la base même des œuvres d’Alain Deswarte: entre naturalisme et terreur, il nous initie à l’éveil de la perte et de l’absence à travers un regard intempestif et sombre. Alain Deswarte possède le privilège de discerner et nous montrer l’inapparent, dans cette course sans fin pour maîtriser l’œuvre du temps, le changement, la destruction.

Adrianna Wallis présente Confettis pour Adieux. Cette œuvre commence par la performance de l’artiste et de plusieurs volontaires qui lancent en l’air des poignées de confettis en porcelaine. Ce rituel est présenté comme une opportunité pour célébrer leur détachement d’avec une pensée pesante et noire. Le rituel, qui oblige également à écraser de ses pas les confettis sur son passage, matérialise la fin de cette pensée.

Vernissage
Samedi 30 mai 2015