ART | EXPO

Seeing

19 Jan - 02 Mar 2013
Vernissage le 19 Jan 2013

Dès 1963-1964, Shirley Jaffe élabore un langage visuel inspiré de son environnement urbain immédiat, constitué d'un vocabulaire de formes et de couleurs qu'elle n'a eu, dès lors, de cesse d'enrichir et de développer dans son œuvre. L’artiste propose aujourd’hui l'évolution la plus aboutie de cette recherche plastique.

Shirley Jaffe
Seeing

Avec l’idée d’un mouvement comme point de départ à ses peintures, Shirley Jaffe assemble les signes dans le cadrage de la toile, dont elle tempère les impulsions individuelles en ajustant sa palette pour arriver à l’équilibre collectif de sa composition, tant formel que mental et sensible. Sans charge de matériau pour ne pas obscurcir le message adressé au spectateur, les œuvres de Shirley Jaffe sont des états de fait, des arrêts sur images qui immortalisent la fugacité, la course effrénée des formes hétéroclites de la ville, en les isolant pour les ajuster précisément sur la toile.

En contrôlant les rapports de forces agissantes entre les lignes, les aplats et leurs frontières, l’artiste construit avec harmonie une image qui circonscrit une dynamique dans son cadre pour mieux renvoyer le spectateur à son propre mécanisme de possibilités internes.

De fait, sans pour autant se départir de la séduction visuelle de combinaisons de couleurs audacieuses et de la familiarité des signes, la solidité de la composition permet à la peinture de se poser face à lui de manière frontale et autonome. Transgressant les assises de la verticalité et de l’horizontalité, Shirley Jaffe parvient à trouver l’agencement idéal des motifs — dont le jeu n’est jamais décoratif – pour produire une unité intrinsèque.

Le déploiement des formes signale un mouvement, chaque mouvement possède sa «rupture» dont l’artiste définit la position en avance, le mouvement est diffracté par un système d’addition, de soustraction, de dispersion, d’association, de séparation, de contraction ou d’extension — d’échanges, en somme — des masses, le blanc est le liant du seul plan existant et non pas un fond, la palette privilégie une tonalité sourde, l’œil ne doit pas se stabiliser sur une partie mais embrasser l’ensemble — l’artiste opte donc pour une simultanéité des volumes, qui ne doivent pas être figurativement identifiables : autant de choix formels que Shirley Jaffe définit pour mettre de l’ordre dans le désordre apparent — un leurre — de ses montages.

Les interactions qui se développent selon leurs propres lois entre ces structures mesurées et rationnelles sont le produit d’opérations simples qui confère à la peinture toute son intensité dramatique, avec pertinence et vitalité.

Convoquant par son titre un regard attentif, Seeing invite le spectateur à observer qu’une plus grande amplitude sépare désormais les signes à la surface de la toile, en vue d’une clarification du système coloré. L’horlogerie interne s’en trouve complexifiée, la tension entre les formes s’accroît et la perte des repères se confirme sans que les peintures présentées ne cessent de trouver leur équilibre dans ce déséquilibre. Le langage des architectures de Shirley Jaffe se fait véritablement l’expression d’une mémoire visuelle commune.

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