ART | RETROSPECTIVE

Schizophrenic portrait 1973-2009 (a survey)

05 Sep - 10 Oct 2009
Vernissage le 05 Sep 2009

Films, photographies, objets, textes, livres et éditions… La rétrospective «Schizophrenic portrait» retrace l'itinéraire artistique de Sam Samore depuis le début des années 1970 à aujourd'hui.

Sam Samore
Schizophrenic portrait 1973-2009 (a survey)

C’est à l’université du Wisconcin – où il étudie conjointement la psychologie, l’art et le cinéma – que Sam Samore réalise au début des années 1970 sa première série de photographies en noir et blanc : «The Suicidist».

En dépit du titre et du sujet (des mises en scène de suicide), il n’y a aucun caractère macabre. Ce sont des instantanés paisibles où le corps de l’artiste repose alangui, à la manière du Dormeur du Val de Rimbaud. Ce travail d’auto-fiction n’est pas sans évoquer l’oeuvre de Cindy Sherman, une artiste qu’il affectionne.

Un peu plus tard, il réalise une série inspirée des contes de fées intitulée «The Murdered Brother». Narration, mise en scène, contes, fables, histoires ou récits : ses interrogations et ses travaux d’alors portent déjà sur l’idée du «moi» comme fiction.

En 1974, il déménage à San Fransisco et développe de nombreux projets alternant peintures, installations et oeuvres conceptuelles. Il fonde une galerie virtuelle n’existant que sous la forme d’envois postaux.

Sous le pseudonyme de Jeanine Boudreau, il crée une oeuvre fictive de portraitiste hyper-réaliste. Dans ces mêmes années, il commence à réaliser et à publier des livres d’artistes. Cette activité se poursuivra sous la forme de publication d’oeuvres de fiction et de contes (Tangled Web of Erotic Savage Cunning, 1994 ; Sumptuous Fire of the Stars, 1996 ; et plus récemment Between the Silence, 2007) et de livres d’images photographiques (près d’une dizaine d’ouvrages). En parallèle, il réalise des films de court ou moyen métrage (On Fame, 1977 ; Funk Lessons with Adrian Piper, 1983).

Atmosphère inquiétante ou paradisiaque, réalisme et onirisme, sens et non-sens, linéarité du récit et fulgurance poétique y alternent sans cesse sur fond de questionnement moral et esthétique.

En 1980, avec la série «Situations», il initie un travail en collaboration avec différents photographes auxquels il demande de réaliser des images mises en scène ou bien «volées» à l’occasion de filatures d’individus anonymes. Il sélectionne et retravaille lui-même les clichés qu’il transforme en un matériau narratif fragmentaire et elliptique.

Au début des années 90, il initie la série «Allegories of Beauty (Incomplete)». Le visage et le corps sont des contrées paradisiaques qu’il explore du regard ou de la pensée. Fétichiste, fantasmatique, onirique, sublimé : son univers – en particulier lorsqu’il aborde l’idée ou l’image de la mort -, ne se départit jamais de l’éloquence et de la solennité liée aux canons de la beauté classique.

Tirages noir & blanc subtilement contrastés ou images pixellisées aux couleurs psychédéliques : ce sont, dixit l’artiste, «de vastes espaces absorbant la projection de nos désirs, de nos craintes».

Dans la rue, sur les murs et les fenêtres des musées, il écrit des mots ou des fragments de phrases énigmatiques évoquant le lieu même où s’inscrit le travail ou encore une personne connue ou inconnue. Il crée aussi des parfums dont il diffuse les senteurs à l’occasion de performances baroques.

Récusant une alternative qui disjoindrait forme classique et expression contemporaine, poésie et littérature, cinéma et peinture, Sam Samore accentue le caractère « schyzophrène » de chacun des médiums employés afin d’en révéler les multiples ambiguïtés.

Films, photographies, objets, textes, livres et éditions… La rétrospective «Schizophrenic Portrait» organisée par la galerie Anne de Villepoix en collaboration avec l’artiste et David Rosenberg retrace l’itinéraire artistique de Sam Samore depuis le début des années 1970 à aujourd’hui.

Vernissage
Samedi 5 septembre. 18h-21h.

critique

Schizophrenic portrait 1973-2009 (a survey)