ART | EXPO

Scenario

06 Sep - 11 Oct 2014
Vernissage le 06 Sep 2014

Suivant un travail quasi mécanique sans effets ni affects, chacune des toiles exposées présente 6 ou 7 figures noires qui dansent sur un fond blanc ou un tissu vichy. Ainsi, sur les murs de la galerie, on assiste en quelque sorte à un véritable ballet, sans tête, sans bras et sans jambes. Ne subsiste que le corps, celui de la peinture.

Nicolas Chardon
Scenario

En 1998, Nicolas Chardon assiste à la représentation du ballet «Scenario» de Merce Cunningham, à l’Opéra Garnier. Les costumes confiés à la styliste Rei Kawakubo — des collants rayés ou tramés, déformés à certains endroits du corps par des protubérances en mousse — vont régler le destin de sa peinture. Troublé par ces corps qui se dessinent autrement dans l’espace et qui remettent en cause tout un vocabulaire académique, il rentre chez lui et sacrifie l’une de ses chemises à carreaux. Quelques agrafes suffisent pour tendre sur un châssis le tissu découpé. Il ne lui reste plus qu’à peindre en suivant les lignes de cette grille ready-made à présent distordue, pour faire apparaître des figures aux formes imparfaites mais logiques.

Cette nouvelle exposition s’intitule «Scenario». Ce titre-hommage sert également de générique à toute une série de peintures développée depuis près de deux ans. Après plusieurs tâtonnements, Nicolas Chardon opte pour un châssis de taille 120 cm figure, plus proche de la figure humaine. Sur chacune des toiles, 6 ou 7 figures noires dansent sur un fond blanc ou un tissu vichy, suivant une chorégraphie qui semble aléatoire. En fait, chaque tableau est élaboré à partir de dessins préparatoires griffonnés sur un carnet à petits carreaux et reporté à l’échelle sur la toile. Les dessins sont alors adaptés au mieux en fonction du support tramé.

Sur les murs de la galerie, on assiste en quelque sorte à un véritable ballet, sans tête, sans bras et sans jambes. Ne subsiste que le corps, celui de la peinture.

Ce que Nicolas Chardon cherche à affirmer avec une grande légèreté, à travers cette série, c’est qu’il existe malgré les discours post-modernes véhiculant la mort de la peinture, une pratique picturale issue du modernisme historique (vocabulaire abstrait, simplicité des formes, couleurs réduites) combinée à une réflexion distanciée du langage hérité de l’art conceptuel et minimal. Au dégorgement subjectif de la touche et aux éruptions démiurgiques de l’invention, il oppose un travail quasi mécanique sans effets ni affects, faisant l’économie de tout symbolisme. La matérialité de sa peinture découle d’une pratique qui ne vise aucune valeur ajoutée par rapport à un travail artisanal. Les signes traditionnels de l’authenticité et de l’originalité sont tous évacués. Ne subsiste que la musicalité des formes mutantes issues de la contrainte du réel.

Nicolas Chardon est né en 1974 à Clamart. Il vit et travaille à Paris.

Vernissage
Samedi 6 septembre 2014