ART | EXPO

Sauvé des eaux

16 Oct - 19 Déc 2009
Vernissage le 16 Oct 2009

Géologue devenu sculpteur, Nicolas Rubinstein sait lire dans les entrailles. Interrogeant l’histoire des hommes et du vivant, ses réalisations questionnent l’ingéniosité du squelette : succession de petites mémoires qui s’ assemblent ....

Communiqué de presse
Nicolas Rubinstein
Sauvé des eaux

«Un des aspects fondamentaux de mon travail est l’envie de révéler la structure cachée, l’ossature intérieure, l’anatomie des êtres et du monde avec l’intuition, je dirais même la conviction, qu’il y a un secret caché, une explication à trouver. Mon travail est très proche d’une démarche scientifique, avec pour hypothèse de travail, la recherche d’un message à décrypter, et ma «mission», car je dois bien confesser que je considère cela comme une mission, étant de mettre à jour et de comprendre ce message! Même si pour le moment, je n’ai pas encore découvert de solution…». Nicolas Rubinstein
 
Les oeuvres présentées au Centre d’art contemporain Intercommunal jouent avec les différentes échelles du temps. Le Golden Bridge, et plus près de nous Notre Dame de la Garde, sont facilement identifiables. Mais si l’artiste prend plaisir dans ses jeux et réalisations, le réel , lui, est plus traumatique.

Le Golden Bridge est le pont suspendu le plus long du monde. Aisément identifiable avec sa couleur «orange international», il est considéré comme l’une des sept merveilles du monde moderne. Pour autant, vu par Nicolas Rubinstein, le Golden Bridge Bones nous est là présenté se reflétant dans une mare noire. Le tablier du pont est figuré par une colonne vertébrale. Dés lors s’ agit-il d’ un vestige? D’ une prophétie? Le pont est bien notre contemporain mais l’ossature n’est pas de notre temps. Le Golden Bridge est le résultat d’ une même culture dominante qui assoie sa domination par la technicité et les forces engagées à son édification.

C’est là que les os nous parlent : placée au centre de l’architecture, l’épine dorsale est aussi celle de notre civilisation. Les transformations régulières du monde naturel par l’homme sont autant de trajectoires que nous empruntons. On coupe, on découpe, on décompose jusqu’à comprendre comment les objets et les choses du vivant s’agglomérèrent et se structurent.

En matière d’univers différents et d’échelles de temps, la basilique Notre Dame des Os est un squelette narratif: réaliser une basilique d’os (en résine polyester) sur une armature métallique, rappelle les chefs d’oeuvre des compagnons du devoir, eux mêmes héritiers des bâtisseurs de cathédrale. Située sur un piton calcaire de 162 mètres, Notre Dame est une statue monumentale de 11,2 mètres toute en cuivre dorée. Au Centre d’ art, Notre Dame des Os projettera son ombre sur le mur, comme une sorte de point d’encrage. Avec à son sommet, la vierge à l’enfant-symbole de la chrétienté, Nicolas Rubinstein nous en présente une radiographie modifiant notre perception, dévoilant sa structure, ses articulations. Mise a nu, débarrassée de son vernis culturel : voici tout ce qui reste de cette grande épopée humaine destinée à conquérir la terre, les cieux et les esprits … Qu’il s’agisse de trophées, de cartes ou de monuments, Nicolas Rubinstein navigue aisément entres les époques, explore nos mythes et interroge notre devenir.