DANSE | SPECTACLE

Vertical Strike. Je ne peux pas rester silencieuse. Actes II et III

13 Avr - 13 Avr 2019

En 2018, les artiste et chorégraphe Sarah Trouche et Wynn Holmes avaient livré l'acte I de Vertical Strike. Je ne peux pas rester silencieuse. En voici les deux derniers actes. Sous forme de projection et performance, les actes II et III de Vertical Strike injectent de la parité dans l'histoire de l'art.

Avec Sarah Trouche, féminisme et engagement sont loin de rimer avec austérité. Au contraire. Le féminisme de la performeuse et metteure en scène Sarah Trouche passe par une réappropriation du désir féminin. Notamment au travers de son travail chorégraphique (Cie Winter Story in the Wild Jungle). En 2018, Le Générateur avait ainsi accueilli la première partie de Vertical Strike. Je ne peux pas rester silencieuse (2017-2018). Soit une pièce co-créée avec la chorégraphe Wynn Holmes (Cie Lo Fi Dance Theory), et née de la rencontre avec trois pole-danseuses et quatre danseuses. Performance énergique, Vertical Strike. Je ne peux pas rester silencieuse. Acte I, avait alors pris les traits d’un manifeste dansé, mêlant pole dance et réinterprétation moderne de la femme combattante et émancipée. À l’écart de la version édulcorée d’Aphrodite, une façon de se souvenir de ce que les premières déesses de la fécondité mêlaient vigoureusement érotisme et puissance guerrière.

Vertical Strike. Je ne peux pas rester silencieuse – Sarah Trouche et Wynn Holmes

Aujourd’hui, Le Générateur s’apprête à accueillir les actes II et III de Vertical Strike. Je ne peux pas rester silencieuse (2018-2019). Soient les deux derniers volets de Vertical Strike, à nouveau co-signés par Sarah Trouche et Wynn Holmes. Réunissant, performeuses, boxeuses et danseur, ces deux derniers actes réaffirment l’engagement en faveur de l’égalité des genres ; en faveur de l’émancipation des personnes marginalisées. Pour le premier acte, danseuses et performeuses s’étaient réunies dans une danse sensuelle de corps et de mots. Arrachant au passage l’image des femmes du carcan machiste de l’histoire de l’art. Et redonnant mémoire et voix aux artistes (peintres, poétesses, autrices, performeuses…) ayant œuvré à l’établissement d’une parité dans l’art, par l’art. À l’instar de la peintre Aurélie Nemours, écrivant en 1950 : « Je voudrais que l’art puisse changer la vie intérieure. Parler de force, de justice, d’énergie, de silence, d’amour. »

Vertical Strike, actes II et III : un film et une performance pour boxer l’histoire de l’art

Pour l’acte II de Vertical Strike, Sarah Trouche et Wynn Holmes ont travaillé avec des athlètes. En composant un film mettant face à face des boxeuses du Centre Athlétique Municipal de Bordeaux et des tableaux du Musée des Beaux-Arts de la ville. Soient des paysages picturaux féminins, conjugu corps passifs et nus : sans défense. Pour le troisième acte de Vertical Strike. Je ne peux pas rester silencieuse, c’est une refonte de cette iconographie qu’opère la performance. Aux personnes faisant des cauchemars, il est conseillé de réécrire la façon dont le rêve devrait se dérouler. Partant du constat qu’une peinture est un instant fixe, avec l’acte III de Vertical Strike, c’est une réécriture de l’avant et de l’après qui se met en place. À travers une performance mobilisant quatorze interprètes. Triptyque secouant l’histoire de l’art, Vertical Strike remet les femmes, souvent poussées en bordure, au centre de l’action.