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Sang pour sang

28 Fév - 04 Avr 2015
Vernissage le 28 Fév 2015

Les deux thèmes de prédilection de Jean-Baptiste Carhaix sont la critique de la religion et la Mort. Avec sa dernière série photographie Sang pour sang, il s’attaque à l’Église vaticane et à ce qu’elle a fait de son image au cours des siècles. De façon plus générale, il s’agit également de réinterroger la limite entre le sacré et le profane.

Jean-Baptiste Carhaix
Sang pour sang

«Avec cette série, je ne cherche pas à imiter Andres Serrano et sa sublime photographie intitulée Piss Christ qui montre un crucifix plongé dans de l’urine.

Mes images ne sont nullement blasphématoires, tout d’abord parce que je ne suis pas catholique, je suis athée. Pour ma part le «blasphème» n’existe pas! C’est une vue de l’esprit tortueux des religieux. De plus, je n’attaque pas la figure du Christ. J’attaque ce que l’Église vaticane a fait de son image au cours des siècles: Le sang du Christ a été dilué dans des océans de sang et de ces océans de sang ont émergé des montagnes d’or! Telle est la thématique de cette nouvelle série. Il n’y aura jamais assez de mots et d’images pour dénoncer les crimes des religions et particulièrement ceux du christianisme en son Église catholique, apostolique et romaine.

D’emblée l’histoire de la Chrétienté est sanglante: la fable du Massacre des Innocents suivant celle de la naissance d’un certain Jésus, autoproclamé «fils de Dieu» en est le premier symbole. Ce «Messie» serait mort crucifié et les tortures qu’il aurait subies se sont vues pathologiquement glorifiées par les adeptes de la religion qu’il aurait instituée…Les Chrétiens s’agenouillent devant un instrument de torture, porte celui-ci en bijou…
La question n’est plus de savoir si Jésus a historiquement existé ou s’il n’est qu’un «personnage conceptuel», inventé de toutes pièces par ceux que l’on nomme «Pères de l’Église». Il a fini par exister grâce à l’intense propagande d’une secte devenue religion d’état et dont le bras séculier a façonné pendant des siècles les mœurs et les mentalités des populations sur lesquelles il exerçait un pouvoir sans partage.

La secte des premiers Chrétiens, une fois devenue la religion de l’Empire romain, a commis une suite inouïe de crimes au nom du crucifié diluant son sang dans des océans de sang! Massacres de païens et destructions de leurs temples dès que l’Empereur Théodose, successeur de Constantin a intronisé cette religion comme la seule autorisée dans tout l’Empire. Conversions forcées, autodafés de papyrus d’abord, et par la suite de manuscrits puis d’imprimés jugés païens ou critiques, guerres de religions (internes au Christianisme contre les «hérésies» ou la Réforme protestante, ou bien externes dans ses «croisades» contre les autres croyants), tribunaux de l’Inquisition, tortures et bûchers pour ceux jugés comme «hérétiques» ou «déviants», ou libres penseurs, ou savants…
De ces océans de sang ont émergé des montagnes d’or par l’extorsion, les donations, les quêtes, l’intimidation, la captation d’héritages, la vente des sacrements, des reliques, des «indulgences».
Au XXe siècle, le scandale financier de la banque vaticane Ambrosiano, blanchissant entre autres l’argent de la mafia montre que l’Église a la propension, comme à l’époque du commerce des Indulgences à «…faire argent de tout», ce qu’écrivait Voltaire dans son Dictionnaire Philosophique à l’article «Expiation»…

A l’époque contemporaine, les paroles imbéciles des Papes Jean-Paul II et Benoît XVI relayées par leurs fonctionnaires contre l’utilisation du préservatif dans la prévention du Sida s’apparentent à la non-assistance aux personnes en danger, pire, à un crime contre l’humanité.
Parallèlement à cette consternante méconnaissance de l’homme ou plutôt à sa négation d’être sexué et libre, cette même église fit silence sur les actes de milliers de prêtres pédophiles, et répéta à l’envi sa condamnation ferme de l’homosexualité «Un mal intrinsèque» selon le cardinal Ratzinger, devenu ensuite le Pape Benoît XVI, montrant en cela une énième criminelle hypocrisie.
A peine l’Église a-t-elle fait défiler dans la rue en 2012 et 2013 des «c a t h o m o p h o b e s» (j’ai inventé ce mot-valise) contre le mariage dit «gay», un énorme scandale à caractère homosexuel a secoué la Curie romaine obligeant, selon la presse italienne, le pape à démissionner. Y aurait-il une justice immanente?

L’Eglise catholique, apostolique et romaine n’a de leçon de morale à donner à personne: elle a montré au cours des siècles qu’elle était une des institutions des plus criminelles et des plus hypocrites: pauvre Christ et son message humaniste! Et les chefs-d’œuvre de l’art que cette religion a produits ne rachèteront jamais les crimes de cette institution séculière.
De fervents catholiques imprégnés de la morale humaniste des Évangiles s’alarment de sa déliquescence. Que peuvent-ils pour la forcer à revenir aux fondamentaux qui inspirèrent les premiers adeptes avant Constantin et Théodose?
Les autres Chrétiens, majoritaires, continuent à excuser les dérives vaticanes, en prétextant que l’Homme est ainsi fait! Pourtant je croyais, que selon les mêmes, l’Homme avait été créé à l’image de leur Dieu!»