ART | EXPO

Saiton Seugon

18 Mar - 09 Avr 2016
Vernissage le 17 Mar 2016

Abstraites et ruisselantes, les sculptures en céramique de Cécile Noguès sont à la fois cauchemardesques et élégantes. L’exposition «Saiton Seugon» qui les réunit à la galerie Alain Gutharc, révèle ces étranges objets souvent phalliques, faits d’exubérance et de violence, qui ont l’air de prendre vie sous nos yeux.

Cécile Noguès
Saiton Seugon

Les œuvres de céramique qui composent l’exposition «Saiton Seugon» forment comme une fratrie d’objets hybrides et sans fonction, de monstres sans tête ou encore d’accessoires vaudou. En dépit de leur apparente abstraction, il est néanmoins possible d’établir de furtives analogies: on croit apercevoir des jambes en bois difformes, des fruits métalliques étranglés, des têtes de chou, etc. Une foule d’objets qui semblent mener une vie autonome, assument sous nos yeux des attitudes pour le moins fantasques, tantôt sensuelles, tantôt mutiques – quand elles ne sont pas outrancières. Mais toutes, sans exception, sont chargées de ces mêmes protubérances et cavités, de ces mêmes couleurs qui se côtoient en dégoulinant.

C’est la déformation même de la figure qui anime la démarche créative de Cécile Noguès dont le désir de spontanéité à l’œuvre la rapproche de l’héritage de l’art informel, en particulier du mouvement Cobra. Cette mouvance antirationaliste, confrontant abstraction et figuration, trouvait dans la céramique une expression de choix.
Dans cette perspective de spontanéité, l’artiste va jusqu’à procéder par monocuisson, technique pourtant peu recommandée par le sérail. Elle réalise tout elle-même, poussant à bout le nombre de cuissons pour ne pas contrôler l’évolution des couleurs, ou fabriquant une sculpture avec un montage de pièces cassées.

L’artiste le dit elle-même: il y a quelque chose de la forme archéologique dans son travail. On ne sait jamais vraiment si ses sculptures sont inachevées, en cours de création, ou au contraire si elles sont en plein processus de déliquescence, sur le point de tomber en ruines. L’artiste insiste pourtant pour qu’on n’y voie surtout pas une mélancolie de la ruine. Sa démarche, au contraire, se situe du côté de la naissance et de la vie la vie: «ma bataille est de rendre vivantes ces barbotines, ces images en fusion, liquides, grotesques».