«D’un espace à l’autre»
Biennale d’art contemporain de Saint Cloud
L’événement
Communiqué de presse
Que peut donc signifier le choix d’un thème d’exposition d’œuvres plastiques sur une notion aussi complexe ? Quelles sont les interrogations ou les prises de conscience qui peuvent amener des artistes actuels à créer une œuvre la concernant ?
Dans l’art occidental le souci de représentation de l’espace qui a engendré la construction de la perspective, a fait place à celui de la production dans et par l’œuvre d’art, d’un espace spécifique. Depuis Cézanne, l’artiste crée son espace théorique. Pour les peintres qui l’ont suivi, l’évasion du cadre traditionnel s’est révélé un enjeu majeur. À cette question théorique de l’espace plastique des réponses diverses sont apportées par les artistes dans des formes toujours renouvelées qui vont bien au delà du cadre et de ses 2 dimensions. Si dans le langage courant le terme d’espace peut être employé pour évoquer la perception la plus immédiate comme l’intuition philosophique la plus abstraite, pour l’artiste plasticien, il s’associe à une source d’inspiration toujours renouvelée comme nous le montrent ceux qui participent à notre exposition.
Georges Rousse, qui a accepté d’intervenir au « Carré », immeuble que la ville destine à des activités culturelles, nous offre ainsi, et comme à chacune de ses interventions, une métamorphose du lieu aussi complexe qu’éblouissante, sous la forme d’une œuvre « in situ » et d’une photo dans l’espace du musée.
Toujours soucieux de joindre la musique et les arts plastiques, nous avons proposé au compositeur Jean-Yves Bosseur, particulièrement sensible aux rapports entre musique et peinture, de créer, comme il l’a souvent fait, une œuvre musicale en liaison avec une œuvre plastique.
Un parcours à travers les 6 lieux d’exposition, nous amène à découvrir des œuvres « projectives », des images ou des formes reflétant les espaces psychiques, les rêves et les préoccupations des créateurs , mais aussi des dessins, peintures, photos vidéos et installations qui témoignent d’une appréhension plus relationnelle de l’espace. Les artistes s’attachent alors aux rapports entre les choses, entre les êtres, et entre les êtres et les choses. C’est par le déplacement que nos sens perçoivent le plus souvent l’espace, c’est dans une opposition dynamique : dehors-dedans, public-privé, que beaucoup d’entre eux rencontrent le thème. Une même vidéo met en parallèle des images d’immensités désertiques et des scènes d’opération chirurgicale, une structure circulaire met en relation un espace mental perturbé et un environnement urbain perturbant…
Le langage, les mots, deviennent également lieu de rencontre : matérialisation d’un dialogue entre deux personnes « qui font route », textes accompagnant des photos de passants dans une tentative d’exploration de leurs pensées, discours reliant les espaces de création de l’adulte et de l’enfant. Le livre, qui les contient, peut jouer son rôle de partage, notamment culturel : les mots s’échappent alors d’une installation sonore, ou objet sacralisé, il se referme sur eux et ne peut être lu qu’à travers un système exploratoire. L’image informatique en transformant l’œuvre en données numériques en fait un flux potentiel. Nous assistons chez certains artistes à une virtualisation de l’œuvre. Qu ‘elle apparaisse sur un écran ou par l’impression, elle participe d’un espace parallèle qui nous fait douter de nos sens. Les images numériques ne sont-elles déjà, dans bien des cas une alternative à la réalité ? « L’espace saisi par l’imagination ne peut rester l’espace livré à la réflexion et à la mesure du géomètre. Il est vécu… avec toutes les partialités de l’imagination » nous dit Bachelard. Ce sont bien sûr ces partialités que nous retrouvons dans les espaces proposés par les artistes, dans ces objets nés chez eux de la recherche du sens de leur expérience vécue.A l’instar du philosophe, nous reconnaîtrons peut-être des espaces heureux ou même hostiles, des images de l’intimité ou des agressions possibles dues à la vie sociale ou à la nature.Autant de réponses plastiques particulières invitant à la réflexion, parfois à l’étonnement mais aussi à l’admiration.
Infos pratiques
Lieux
Musée des Avelines, 60, rue Gounod, tél : 01.46.02.67.18
Conservatoire de Musique, entrée jardin des Avelines
Institut Universitaire de Technologie , 11, avenue Pozzo di Borgo, tél : 01 55 39 12 50
Centre culturel des 3 Pierrots, 6, rue Mont-Valérien, tél : 01.46.02.74.44
Parc de Saint-Cloud, Parc historique : Serre de Valois
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> Entrée libre
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