DANSE | SPECTACLE

Sacre

25 Avr - 27 Avr 2012

David Wampach s’attaque à une relecture du Sacre du printemps, pièce mythique de l’histoire de la danse, chorégraphiée en 1913 par Vaslav Nijinski sur la partition d’Igor Stravinsky. Un «à bout de souffle» inouï...

David Wampach
Sacre

Dans un souci de désacralisation des genres, David Wampach met en dialogue la danse avec d’autres arts et travestit notre rapport au banal, au divertissement, au sérieux. Après avoir revisité le ballet Casse-Noisette, David Wampach s’empare désormais du Sacre du printemps du point de vue — original — des costumes et le transforme ici en pas de deux.
Nicolas Roerich, l’un des trois auteurs de la pièce, qui a signé les costumes d’inspiration folkloriques, était un fervent adepte de théosophie, une doctrine ésotérique permettant de faire l’expérience du divin par l’extase spirituelle.
Gaînés de moulantes cagoules, Tamar Shelef et David Wampach, les deux protagonistes de ce huis clos, arpentent la scène en évoquant la partition de Stravinsky uniquement par la respiration. Le halètement qui soulève les corps devient musique. L’hyperventilation monte à la tête, la folie gagne les personnages. Une interprétation «à bout de souffle» jusqu’au sacre final…
«Je choisis de m’intéresser au Sacre du printemps pour tout ce qu’il évoque: le rituel, la cérémonie, l’état d’extase, d’enivrement, d’ivresse. Ma porte d’entrée pour explorer Le Sacre du printemps ne sera pas la musique de Stravinski ou la danse de Nijinski, mais le travail sur les costumes de Roerich, qui s’est inspiré des costumes folkloriques traditionnels, d’après des exemplaires qu’une princesse russe conservait dans ses archives.
Si j’aborde le Sacre par le biais du costume, c’est parce que le travail que nous menons, en collaboration avec Rachel Garcia, depuis mes premières pièces, a toujours placé le costume sur le même plan que la danse et la mise en scène : un costume qui cache pour mieux dévoiler, qui habille pour mieux déshabiller, et surtout, qui donne des codes de lecture qui remettent en jeu le statut de l’homme et de la femme, leurs identités sociales autant dans un contexte historique qu’artistique.» David Wampach