PHOTO

S.P.A.C.E.R.

PLaura Houeix
@16 Fév 2009

 Comment occuper l’espace, comment s’approprier cette notion subjective et donner à son œuvre la place dont elle a besoin? Les sept artistes réunis à la galerie La Bank ont joué avec le lieu de la galerie pour donner leur conception de vide à remplir, de ce petit interstice qui les sépare : S.P.A.C.E.R.

 Aériennes, collées au mur, en 3D ou en transparence, les œuvres des artistes réunis à la galerie La bank présentent les différentes facettes, subjectives, de l’espace. La base : une galerie. Un lieu à occuper. Un vide à combler et à s’approprier.

L’exposition s’ouvre sur un mobile suspendu de Cédric Alby. Pendus à ras du sol ses néons résineux flottent dans la galerie et vivent par et pour le vide qui les entourent. Dans une toute autre approche, les dessins d’Alexandra Pellissier, eux, saturent l’espace. Des carcasses de voitures désossées en gros plan qui fourmillent de traits et jouent sur les espaces blancs pour faire naître la forme. Mais là encore le vide reste un élément inhérent à l’espace.
Font face les vues architecturées de Romain Erkiletlian. De grands formats aux couleurs fluorescentes qui semblent nous projeter dans le composant d’un appareil électrique.

A contrario de ce travail, suit l’espace intime et personnel avec les œuvres de Olalekan Jeyifous et ses maquettes de petites maisons qui semblent prêtes à prendre la route, et l’espace d’un intérieur recréé avec Miss Marion.
Là, l’oeuvre s’ouvre et se déploie dans la galerie.

Dans la dernière salle, Miss Marion investit l’ensemble des murs avec cet immense poster mis aux carreaux et ses cadres qui courent le long de la cimaise. Sanctuaire des vestiges des années 50 et échantillonnage de la panoplie glamour. Téléphone en bakélite, sein blanc et rouge à lèvres, tout y est.

Dans un tout autre registre, Lamia Ziadé représente dans une maquette en 3D des bâtiments agrémentés de laine et de dentelle qui font écho au travail de l’artiste. Elle met en scène ici sa représentation de la guerre du Liban.

Entre architecture et espace intime, Raphaël Gianelli-Meriano réalise une performance dans laquelle il dessine en transparence sur une vitre. Ici l’espace se dédouble, entre intérieur et extérieur. La fenêtre est alors l’espace de la perspective, de l’autre lieu et de l’inconnu, comme le sous-entendaient les ouvertures (fenêtres ou ports) dans la peinture de la Renaissance.

Mais l’espace de l’exposition n’est pas que celui qui lui est dédié, comme nous le rappelle Cédric Alby, qui, dans un angle de la salle a construit deux tuyaux simulant l’écoulement d’un liquide mauve et pâteux.

Alexandra Pellissier
La route, 2008. Crayon sur papier

Cédric Alby
Echappée belle VI, 2007. Technique mixte

Olalekan Jeyifous
Indigene outpost, 2007

Romain Erkiletlian
Sans Titre, 2008. Peinture sur calque

Lamia Ziadé
La Bataille des hotels. Technique mixte

Miss Marion
Portrait par Cindy Gravela, 2009

AUTRES EVENEMENTS PHOTO