ART | EXPO

Rue Chapon

28 Nov - 27 Déc 2014
Vernissage le 28 Nov 2014

Depuis 2008, Gaëlle Hippolyte et Lina Hentgen travaillent en duo sous le nom d’Hippolyte Hentgen. Les deux artistes pratiquent aussi bien la sculpture et les installations que les œuvres sur papier, sur bois ou sur tissu. Une exposition qui questionne la circulation des références et des objets.

Hippolyte Hentgen
Rue Chapon

Au 54 de la rue Chapon se trouve le galeriste d’Hippolyte Hentgen. Dans l’art de la seconde main, l’artiste — qui en a quatre — est passé de la théorie à la pratique, ce qui est une manière comme une autre de passer du dessin à la sculpture et aux arts de la scène. Un moyen de passer d’un art de l’espace à un art du temps diront peut-être les commentateurs les moins inspirés par la rencontre d’un toucan en barbotine accommodé d’un collier de perles, coiffé d’une houppe en fleurs séchées et présenté sous cloche. Il serait plus juste de reconnaître que de l’emprunt à la retouche, il n’y a qu’un pas, étant donné que l’histoire de l’art est une vaste brocante.

Pour mieux se figurer la circulation des références et des objets du marché au puces à l’atelier d’Hippolyte Hentgen puis dans la galerie de la rue Chapon, souvenons-nous de la trajectoire des antiquités qui se trouvaient dans l’arrière boutique de Madame Marcia, située pour sa part au 11 rue Simon-Crubellier. Quand Hippolyte Hentgen s’approprie quelque chose, il le met dans un coin de sa tête, dans son appartement ou dans sa cave: de là, ledit objet peut passer dans l’atelier et de l’atelier dans la galerie; de la galerie enfin il peut revenir dans l’appartement (c’est ainsi que, chez les professionnels, on définit un contexte de crise). Ce qui est exclu, c’est qu’un objet revienne dans la cave ou arrive dans la galerie sans être passé par l’atelier d’Hippolyte Hentgen, ou enfin passe directement de l’atelier à l’appartement du collectionneur (ce sur quoi, rue Chapon, on ne transige pas).

On l’aura compris, la circulation des références et des objets importe plus que leur origine, qui a depuis longtemps été égarée sur l’aire d’autoroute de la reproductibilité. C’est là qu’Hippolyte Hentgen les recueille pour les chatouiller du pinceau ou de ses doigts de fée et qu’enfin elles se dressent, ces figures délaissées, qu’elles reprennent des couleurs, retrouvent un peu de souplesse ou le sens de l’humour.

Julie Portier