DANSE | SPECTACLE

Rouge

19 Jan - 20 Jan 2017
Vernissage le 19 Jan 2017

Dans le cadre de l'édition 2017 du festival « Suresnes cités danse », Mickaël Le Mer présente Rouge. Cette pièce met en scène tout le spectre des passions et des sentiments humains en jouant sur les paradoxes et contradictions qui leur sont propres. La couleur rouge n’est-elle pas celle, nous dit Mickaël Le Mer, qui «représente le plus l'âme humaine» ?

Le titre de la pièce l’indique : Rouge est construite de cette couleur même si celle-ci, précise Mickaël Le Mer, n’apparaît jamais comme telle dans la scénographie et n’est jamais utilisée dans les jeux de lumières. La couleur rouge fait ici fonction de symbole et désigne avant tout un état d’esprit dans cette création pour sept danseurs. Le choix d’une telle couleur permet ultimement de souligner les paradoxes et les contradictions propres aux sentiments et aux passions humains. Rouge « joue sur les paradoxes et anime des sentiments intenses et passionnels en totale contradiction. » Et Mickaël Le Mer ajoute de manière significative : « c’est la couleur qui représente le plus l’âme humaine.»

Rouge

Tenant compte de cette ligne directrice de Rouge, Mickaël Le Mer met en scène des personnalités différentes et ce, à bien des égards. Personnalités d’obédience, d’expérience et de tempérament différents, dont chacune va successivement incarner et exprimer la gamme des passions humaines : l’amour, la colère, le courage, la bestialité, et la peur devant le danger. Sur le plateau, les interprètes s’opposent, s’affrontent ou s’unissent, exécutent des solos, tout au long de la pièce. D’emblée exprimés avec force par une véritable unité collective des danseurs, passions et sentiments tendent à s’affaiblir puis s’évanouissent en un solo final, touchant ainsi à une sorte d’état d’apaisement. Mais Rouge, ne l’oublions pas, donne aussi à voir une diversité artistique en recourant à la fois au langage de la danse hip-hop, au flamenco, et à la danse contemporaine.

Rouge : les contraires et leur rigoureuse réconciliation

Dans le premier tableau, les danseurs qui tournent le dos au public dessinent des trajectoires réglées et rapides exprimant le tourbillon des passions, « la fulgurance, le côté brut, la vraie force du rouge. »

Le deuxième tableau établit quant à lui un véritable contraste où prévaut une décontraction qu’expriment les corps des danseurs et leurs visages souriants, les formes courbes, sur une musique « latina » invitant au relâchement.

On le voit, Rouge joue certes sur le spectre des contradictions, mais sa construction d’ensemble se révèle rigoureuse sinon géométrique selon la volonté de Mickaël Le Mer : « Sur scène, il y a sept danseurs, cela demande d’autres associations, d’autres logiques. » Ces associations et ces logiques sont systématiquement mises en œuvre tout en répondant, point par point, à l’univers musical créé par Fabrice Tison. Pièces des contraires, Rouge est marquée par leur harmonieuse réconciliation et se déroule sans à coups.

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