DANSE | SPECTACLE

Rockstar

24 Jan - 25 Jan 2020
Vernissage le 24 Jan 2020

La danse contemporaine n'aura jamais été aussi rock'n roll. Rockstar nous plonge dans les années 1970-1980 à la recherche d'une culture musicale et d'une culture chorégraphique aux antipodes l'une de l'autre. De leur confrontation résulte une féconde réflexion sur la mémoire des disciplines artistiques et sur la notion de désuétude esthétique.

La chorégraphe Valeria Giuga et la danseuse Noëlle Simonet collaborent depuis 2015 dans l’objectif de mieux faire connaître la richesse du répertoire de danse. En 2017, elles réalisaient She was dancing, à partir d’une partition chorégraphique d’Isadora Duncan et d’un portrait écrit que dressait Gertrude Stein de la danseuse américaine. Le poète et batteur Jean-Michel Espitallier avait contribué à la création du spectacle. Les voilà désormais de nouveau tous les trois réunis pour Rockstar, une pièce mêlant danse, musique et écriture.

Rockstar : deux mémoires différentes d’une même époque

Le duo mis en avant par la chorégraphe Valeria Giuga dans Rockstar fait se rencontrer deux univers culturels différents : la scène musicale rock’n roll, incarnée par le batteur mélomane Jean-Michel Espitallier, ainsi que la danse classique et contemporaine, incarnée par Noëlle Simonet, interprète pour des chorégraphes de renom. Si éloignés que paraissent ces artistes, ils s’unissent sur scène pour raconter l’histoire d’une même époque : celle des décennies 1970-1980. Le premier le fait par les mots, la deuxième par les mouvements.

Pendant que Jean-Michel Espitallier narre l’histoire du rock à partir de son vécu et de ses recherches, Noëlle Simonet ranime le répertoire chorégraphique d’antan en se basant sur des photographies et sur ses propres souvenirs corporels. La mémoire personnelle se mêle ainsi à la mémoire collective et laisse toute sa place à l’inévitable oubli. L’enjeu du spectacle est de se demander ce qu’il demeure d’une époque, de l’esthétique qui la caractérisait dans différentes disciplines artistiques et du souvenir que les individus en gardent.

Rockstar : un spectacle de danse à l’apparence d’un concert

Rockstar est structuré comme un concert. Chaque étape en est respectée : l’attente impatiente du public avant le spectacle, l’entrée en scène des vedettes, la succession de chansons, la sortie de scène, le rappel. Les tubes des Rolling Stones, des Beatles, des Sex Pistols, ou encore de Nirvana, Patti Smith et David Bowie rythment ainsi le spectacle. Sur une piste de danse recouverte de miroirs, Noëlle Simonet reprend les gestes chorégraphiés par David Fielden ou Louis Falco dans les années 1970. Les textes de Jean-Michel Espitallier relatent en parallèle l’expérience des grandes figures de la musique, évoquant les tournées, le rapport aux spectateurs, le mythe de la jeunesse ou bien l’expérience du trac. Le discours, la musique et la danse se juxtaposent ainsi jusqu’à faire émerger, sous les yeux des spectateurs, l’idole du show : la danseuse devenue rockstar.