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Robert Doisneau. Un photographe au Muséum

07 Oct - 19 Jan 2016
Vernissage le 07 Oct 2015

Le Muséum national d’Histoire naturelle présente dans la Grande Galerie de l’Evolution plus d’une centaine de photographies de Robert Doisneau. Pour la plupart jamais montrées au public, ces images sont tirées de deux reportages dévoilant le Muséum sous ses différentes facettes, l’un mené en 1942-1943, l’autre en 1990.

Robert Doisneau. Un photographe au Muséum

A l’occasion d’une grande rétrospective de Robert Doisneau, le Muséum national d’Histoire naturelle réunit plus d’une centaine de photographies largement inédites. Située aux 2ème et 3ème étages de la Grande Galerie de l’Evolution, l’exposition dévoile 128 photographies et 35 planches contacts.

Pour la plupart jamais vues du public, ces images sont tirées de deux reportages dévoilant le Muséum sous ses différentes facettes: l’un mené en 1942-1943; l’autre en 1990. Les photographies exposées font parties en majorité de la collection iconographique du Muséum national d’Histoire naturelle.

Pour l’occasion, une scénographie épurée est spécifiquement pensée pour révéler la lumière si particulière de ces clichés d’époque dont le tirage fut réalisé sous la supervision de Doisneau. Quant aux huit thématiques choisies, elles amènent le public dans les recoins du Muséum, là même où Robert Doisneau s’aventura avec son appareil: Musée de l’Homme, Vertébrés, Herbier et graineterie, Minéralogie et Paléontologie, Zoo et Ménagerie, Entomologie, Serres et cultures, Publics.

Robert Doisneau souhaitait réaliser des portraits de scientifiques en plein travail, mettre en lumière la recherche en train de se faire. Et c’est une douceur intemporelle qui se dégage de ses clichés. Du visage concentré du paléontologue sur une mâchoire géante au jardinier époussetant avec application son orchidée en passant par cette femme au regard lointain portant une «momie», que de scènes incroyables captées avec justesse. S’il n’y avait quelques indices vestimentaires, il serait difficile de dater les clichés, pourtant séparés par 48 années, tant l’œil du photographe s’est posé avec la même tendresse et la même intensité sur les membres, lieux et collections d’une institution qui lui sembla infinie.

Robert Doisneau entre pour la première fois au sein du Muséum en 1942 dans le cadre d’une commande de l’éditeur et typographe Maximilien Vox (frère de Théodore Monod, explorateur et professeur au Muséum). En charge de la préparation de l’ouvrage Nouveaux destins de l’intelligence française consacré aux personnalités françaises influentes dans le monde de la science et de l’art, M. Vox a besoin d’illustrations fortes. C’est ici que plusieurs photographes sont sollicités dont Robert Doisneau qui fournit à l’éditeur 22 portraits d’écrivains, d’artisans et de scientifiques.

Du Muséum, il n’y aura «que» le portrait d’une dessinatrice scientifique en entomologie. Bien que le livre fût finalement édité grâce au soutien du gouvernement de Vichy, il ne fait plus de doute aujourd’hui que Robert Doisneau se positionna comme «simple» reporter.

Mais ce n’est pas pour ce livre que Robert Doisneau arpenta avec tant de liesse les allées des jardins, des parcs animaliers et des laboratoires cachés du Muséum. Un autre projet de M. Vox sur la science et les scientifiques en France était en cours: l’ouvrage Visages de la science. Celui-ci ne verra jamais le jour et la majorité des tirages rejoignent mystérieusement le fonds documentaire du Muséum alors que les négatifs sont soigneusement classés dans l’atelier du photographe. C’est, en partie, la redécouverte inattendue à l’Atelier Robert Doisneau, lors de l’élaboration de l’exposition en 2015, d’une boîte de négatifs contretypés portant la mention «Visages de la Science» qui confirmera l’objet réel de la commande pour ce projet qui ne fut jamais réalisé.

En 1990, Alain Foucault, sous-directeur du Muséum et aussi neveu de Robert Doisneau fut à l’origine d’un second reportage. Une commande d’une quinzaine d’images (beaucoup moins que dans les années 40) principalement centrée sur les laboratoires forme alors le terreau initial de l’exposition «La science de Doisneau» qui se tient en 1990 à la Bibliothèque du Muséum.

Une quarantaine de clichés dont les tirages sont réalisés par Georges Fèvre de l’Atelier-Pictorial sous le contrôle de Robert Doisneau sont exposés: des images du Muséum datant de 1942-1943 et de 1990 mais aussi des images consacrées à d’autres chercheurs et d’autres institutions. Ces nouveaux tirages rejoignent ensuite la collection du Muséum et complètent le premier ensemble des années 40.

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