PHOTO | EXPO

Rétrospective Jean-Claude Gautrand

03 Sep - 03 Oct 2020
Vernissage le 03 Sep 2020

Photographe de la disparition et de la destruction, Jean-Claude Gautrand, grand maître du noir et blanc, a conçu une œuvre sur le temps et la mémoire en capturant les grands bouleversements urbanistiques et socio-économiques de la France.

Jean-Claude Gautrand est une figure incontournable de la photographie en France au XXe siècle, tant par son travail d’historien de la photographie, de promoteur des grands artistes de son temps – Brassaï, Robert Doisneau ou Willy Ronis – que par ses propres créations. La galerie Maupetit à Marseille propose une rétrospective de son œuvre, exposant une centaine de ses photographies en noir et blanc, prises à l’argentique, datées de 1955 à 2019.

Jean-Claude Gautrand, photographe de la disparition

Pendant plus de cinquante ans Jean-Claude Gautrand s’est fait le photographe des bouleversements urbanistiques et sociaux. La série Métalopolis (1964) suit la construction du périphérique parisien ; tout en échafaudages, en poutres et en rails, elle capture le squelette en métal d’une ville à venir. La modernité s’édifie sur une destruction du passé. Les clichés de la série Assassinat de Baltard (1971) montrent ainsi la démolition des halles Baltard au cœur de Paris, pour laisser place à l’actuelle gare du RER et au Forum des Halles. Le travail de Jean-Claude Gautrand traduit également des modifications socio-économiques profondes, comme la désindustrialisation dans La Mine (1986), ainsi que des préoccupations écologiques dans Boues rouges (197) et Vassivière (1996), deux vallées ravagées par la pollution et les constructions.

Jean-Claude Gautrand, poète de la lumière

L’œuvre de Jean-Claude Gautrand recèle des créations plus douces et poétiques. La série Le Galet (1970) appelle à une contemplation métaphysique devant la mise en scène d’une pierre en forme d’œuf, symbole de l’origine du monde. La sensualité n’est pas absente de ses créations, comme en témoignent les nus qu’il a réalisés entre 1998 et 2004. Le corps y est capturé comme une sculpture, ciselé par la lumière.

Enfin, Jean-Claude Gautrand n’a eu de cesse de capturer les alentours de la capitale : ses Balades parisiennes révèlent une ville aux mille décors, rencontres et surprises. Sa dernière série est pleine de tendresse mélancolique et bucolique, à travers sa tentative de retrouver le souvenir de son père dans le jardin dont il s’occupait. Cette seule série en couleurs, Le Jardin de mon père (1998-2010), est peut-être l’une des plus intimistes. C’est aussi sa dernière puisque Jean-Claude Gautrand nous a récemment quitté.