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Respiration

PCarine Pouvreau
@12 Jan 2008

Pour le deuxième acte de son exposition à la galerie Baumet Sultana, Vincent Leroy, créateur de mouvement et de poésie mécanique, joue avec l’air, la transparence et implique physiquement le spectateur.

Vincent Leroy est un plasticien contemporain du mouvement qui insuffle de la poésie et de la magie dans ses créations oniriques et technologiques.

L’installation Respiration est spectaculaire. Des bulles blanches en plastique translucide gonflent alternativement jusqu’à remplir l’espace de la galerie et s’affaissent mollement. Le mouvement répétitif et irrégulier est obtenu grâce à des ventilateurs qui soufflent alternativement et ronronnent légèrement. Les sensations sont très physiques. Alors que les bulles se touchent, se gênent mutuellement et cherchent leur place respective, notre souffle se calque sur cette respiration artificielle et ainsi les deux vibrent à l’unisson.

Puis le regard est capté par les Moucharabiehs, ces dispositifs visuels faits de disques perforés à géométrie variable qui, cette fois, sont indépendants les uns des autres. Chaque pièce possède un socle et la sculpture géométrique est alors configurable à souhait. La proposition est captivante et merveilleuse. Une mécanique précieuse comme le mouvement d’une horloge imaginaire des Mille et une nuits.

Au mur, un ruban de bois de contreplaqué ondule souplement dans un mouvement inversé et répétitif grâce à deux petits moteurs qui donnent l’impulsion. Une figure elliptique se forme et se déforme à l’infini.

On retient son souffle face à ces mécaniques poétiques au mouvement perpétuel, sorte de graal de l’inventeur. Délicates et légères, elles jouent avec l’air, la transparence et impliquent physiquement le spectateur.

Vincent Leroy
Respiration, 2007. Bulles, ventilateurs, dimension variable. Configuration variable.
Moucharabiehs, 2007. Tôles perforées, acier, moteurs électriques. Diamètre 22 cm, configuration variable
Lune brouillée, 2007. Bois, acier, moteurs électriques. 160 x 100 cm