ART | RENCONTRE

Rencontre philo. Apprendre à devenir voisins

07 Mar - 07 Mar 2015
Vernissage le 07 Mar 2015

Dans le cadre des Rencontres philosophiques du T2G, dirigées par le philosophe Emmanuel Alloa, des théoriciens issus de tous horizons sont invités à déplacer la pensée et à repenser les scènes où celle-ci peut avoir lieu. En regard de En regard de Place du marché 76 de Jan Lauwers (Needcompany), Guillaume le Blanc s’interroge sur les notions de voisinage et de cohabitation.

Guillaume le Blanc
Rencontre philo.
Apprendre à devenir voisins

En règle générale, nous partons du point de vue que chacun doit «cultiver son jardin» et ainsi construire une séparation rigoureuse entre le privé et le public, la vie intime et la vie exposée. Cette compréhension des vies séparées les unes des autres, à côté les unes des autres ne résiste peut-être pas à un examen rigoureux de l’expérience du voisinage si l’on accepte de penser le voisinage comme un mode original de cohabitation qui suppose une relation entre des individus qui ne sont ni trop proches (les frères et les sœurs) ni trop lointains (les étrangers), mais avec qui chaque vie est cependant en rapport. Comprendre comment nos existences sont partiellement hors d’elles-mêmes, potentiellement troublées par des intrusions externes, suppose de réfléchir sur la fragilité des vies mais aussi sur les modalités du vivre ensemble. C’est à révéler cet impensé politique et anthropologique du voisinage que sera consacrée notre intervention.

Guillaume le Blanc est philosophe, professeur de philosophie à l’université Bordeaux Montaigne, il a publié notamment Vies ordinaires vies précaires (Seuil, 2007), L’invisibilité sociale (PUF, 2009), Dedans dehors. La condition d’étranger (Seuil, 2010), Que faire de notre vulnérabilité (Bayard, 2011) et L’insurrection des vies minuscules (Bayard, 2014).

Thème de la saison: Les Communautés intimes
Selon une opinion aujourd’hui courante, l’intime ne serait qu’un autre nom de la vie privée, ce qu’un individu a de plus propre. Mais que se passe-t-il si l’on conçoit au contraire l’intime comme ce domaine où l’on se soustrait à l’objectification, au regard identifiant? Comment repenser aujourd’hui toutes ces micro-communautés – solidaires ou amoureuses (Marguerite Duras appelait cela la «communauté des amants») – où loin de la simple addition d’individualités, s’expérimentent de nouvelles formes d’être en commun? Comment comprendre que, face à la tyrannie de la vie privée et de sa protection sanctuarisée, l’intimité est toujours, et immanquablement, un lieu d’extimité?