ART | PRIX

Prix Fondation d’entreprise Ricard 2013

03 Juil - 03 Juil 2014
Vernissage le 03 Juil 2014

Le Prix Fondation d’entreprise Ricard 2013 sera remis à Lili Reynaud Dewar à l’occasion d’une séance de prospectif cinéma dédiée à l’artiste. A travers ses performances filmées, elle questionne la frontière entre ce qui est public-privé et ce qu’on rend public, ainsi que l’idée de faire de l’art une manière de vivre.

Lili Reynaud Dewar
Remise du Prix Fondation d’entreprise Ricard 2013

La série de trois vidéos intitulée I’m intact and I don’t care (2013) de Lili Reynaud Dewar, Prix Fondation d’entreprise Ricard 2013, entre dans la collection du Centre Pompidou et sera présentée au public dans le cadre du nouvel accrochage contemporain des collections, Une Histoire. Art, architecture et design, de 1980 à nos jours, à partir du 2 juillet 2014.

Depuis 2000, le Centre Pompidou accueille, chaque année, le Prix Fondation d’entreprise Ricard qui récompense un artiste émergent de la jeune scène française. Les œuvres des lauréats, offertes par la Fondation d’entreprise Ricard au Centre Pompidou, enrichissent ainsi singulièrement les collections.

Après une maîtrise de droit, Lili Reynaud Dewar, née en 1975 à La Rochelle, intègre l’Ecole des Beaux-arts de Nantes (1998-2001 et 2004-2005) et l’Ecole d’art de Glasgow (2001-2003). Installée à Nantes, elle devient une figure active de la scène artistique locale et collabore à la revue 02 en tant que critique d’art, activité qu’elle poursuit en codirigeant «Pétunia», une revue féministe d’art contemporain créée en 2009. De nombreuses institutions nationales et internationales lui ont dédié des expositions personnelles telles que la Kunsthalle Basel (2010), le Kunstverein Bielefeld (2011) ou le Belvédère à Vienne (2013).

Lili Reynaud Dewar met en place des dispositifs hybrides, situés au croisement de l’installation et du décor, de la performance et de la sculpture, où elle retraite de nombreuses sources émanant des cultures dites alternatives, black, rasta, punk, ou féministe. Dans ses œuvres, elle rend hommage à des artistes tels que Rainer Werner Fassbinder, le Groupe de Memphis ou bien Joséphine Baker.

La part performative, souvent filmée, est importante dans son œuvre et participe activement à poser ses réflexions, selon sa devise «je me performe donc je deviens ce que je performe». Depuis l’exposition «Ceci est ma maison/This is my place» au Magasin à Grenoble en 2012, l’artiste a créé et développé un dispositif d’éléments évolutifs avec des «lits fontaines», des lits au sein desquels ont été placés une fontaine d’encre noire, ainsi que des papiers peints ou des panneaux recouverts de tissus à fleurs et fruits colorés symbolisant des espaces intimes et composant ainsi des «chambres dans un espace public».

Des variations de ce dispositif ont notamment été présentées à la dernière Biennale de Lyon (2013) et au sein de l’exposition «La vie matérielle» à la Fondation d’entreprise Ricard en 2013 dont le titre a été inspiré du livre éponyme de Marguerite Duras comportant des textes sur la vie domestique.

Lili Reynaud Dewar compare d’ailleurs le temps d’une exposition de ce dispositif à une sorte de bail de location précaire et s’imagine vivre dans chacun de ces espaces. Dans certains espaces d’exposition, à l’abri des spectateurs, Lili Reynaud Dewar s’est filmée en faisant semblant d’y vivre et en dansant nue à la manière de Joséphine Baker. Les trois vidéos de la série intitulée I’m intact and I don’t care 1, 2 et 3 (2013) témoignent de ses premières performances et danses en solitaire dans différentes salles de musées, respectivement au Belvédère à Vienne, au MAC à Lyon et au Consortium à Dijon. Il s’agit là d’un hommage de l’artiste à Joséphine Baker, danseuse afro-américaine et amérindienne qui a utilisé sa grande popularité dans la lutte contre le racisme. Lili Reynaud Dewar fait également référence à l’histoire de la commande d’une maison faite par Joséphine Baker à l’architecte Adolf Loos, la «Josephine Baker House» qui n’a jamais été réalisée car elle n’aurait pas satisfait les besoins d’intimité de l’artiste.

A travers ses performances filmées, Lili Reynaud Dewar questionne ainsi la frontière entre ce qui est public-privé et ce qu’on rend public, ainsi que l’idée de faire de l’art une manière de vivre.

Informations
Jeudi 3 juillet à 19h, Cinéma 1
Remise du Prix Fondation d’entreprise Ricard 2013 à l’occasion d’une séance de prospectif cinéma dédiée à l’artiste