ART | EXPO

Référendum

09 Sep - 25 Sep 2010
Vernissage le 09 Sep 2010

L'exposition «Référendum» fait en référence à l'oeuvre Totem du pouvoir (1985) de Michel Journiac. Cette exposition au caractère pour le moins subversif présente une relecture des emblèmes nationaux, archétypes flirtant entre tabous et interdits.

Stéphane Bérard, Raphaël Boccanfuso, Michel Journiac
Référendum

La galerie inaugure sa rentrée par une exposition en référence à l’oeuvre historique de Michel Journiac intitulée Totem du pouvoir (1985). Cette exposition au caractère pour le moins subversif présente une relecture des emblèmes nationaux, archétypes flirtant entre tabous et interdits.

Avec un humour acerbe, Stéphane Bérard (né en 1966, vit et travaille en Paca) ancre ses actions dans une réalité quotidienne qu’il choisit pour ce qu’elle soulève de dysfonctionnements et de bêtise symptomatique. «Il ne confond pas pour autant social et humanitaire, mais sa pratique, par là même, devient un acte tautologique».

Stéphane Bérard «amplifie la fonction sociale de l’art tout en faisant en sorte que son art, sa pratique, soit une fonction sociale», avec une attitude qui aborde de façon critique la société, son système politique, économique, social et leurs vices de forme. L’artiste ne laisse passer ni tendresse ni générosité. Il traque avec flair et avec une
obstination qui confine au sadisme le moindre témoignage d’une idiotie institutionnalisée, et nous soumet les formes infiniment variées auxquelles elle peut recourir.

C’est au travers d’une attitude que l’oeuvre plurielle de Raphaël Boccanfuso (né en 1964, vit et travaille à Paris) trouve sa problématique d’ensemble, une attitude amusée et provocante qui met au défi toutes sortes de schémas référentiels. Son travail n’est pas d’ordre biologique, sa méthode relève pourtant d’un mode de processus viral. S’insinuant dans les failles de codes exigus, elle se plait à forcer les limites toujours trop marquées de systèmes de pensées étriqués.

Si sa production peut être dérangeante, il faudrait l’assimiler à une rageante démangeaison plutôt qu’à une fatale pathologie. Car l’artiste n’a d’autre prétention ou revendication que celle d’affirmer sa liberté de création. Un slogan anarchiste clame qu’il faut mordre la main qui vous nourrit, pour sa part Raphaël Boccanfuso sait aussi remercier à outrance, il dit ainsi son indépendance avec une joyeuse dérision.

Michel Journiac (Paris, 1935-1995) n’est plus à présenter tant l’importance de son oeuvre est grande. Au début des années 60, Michel Journiac effectue un passage au séminaire, suit des études de philosophie, de théologie et d’esthétique. Il abandonne ensuite la «structure ecclésiale», voyage en Syrie et commence à peindre.
Il s’exprime par des actions, des photographies, des écrits, des objets, des peintures…

Sa première exposition personnelle a lieu en 1968. Il devient le principal représentant français de l’Art corporel, sociologique et critique. Considérant que le corps est le donné fondamental, Michel Journiac prend celui-ci comme terrain d’investigation artistique. Il est son outil central, sa matière première, son support, l’objet même de son travail. À partir de 1969, Journiac abandonne définitivement la peinture et consacre entièrement sa vie à son art. 1969 marque l’année de l’action et des actions: Lessive, Piège pour un voyeur, Messe pour un corps. Dans ces performances, le spectateur est au centre de l’échange.

Le titre de l’exposition «Référendum» est emprunté à l’action menée par l’artiste en date du 27 avril 1970, «Référendum Journiac», à la galerie Templon.

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