ART | EXPO

Réelles Distorsions

04 Mar - 18 Avr 2015
Vernissage le 04 Mar 2015

Cette exposition met en évidence l’existence de failles desquelles peuvent surgir des images, des sons et des battements qui irriguent le réel d'une énergie allant au-delà de notre impression de saturation. Autour d'un important ensemble d'œuvres de Richard Hambleton, elle réunit quatre artistes suisses.

Andreas Dobler, Sylvie Fleury, Richard Hambleton, Hayan Kam Nakache, Stéphane Kropf
Réelles Distorsions

Le commissaire de cette exposition collective, Samuel Gross, est parti d’une réflexion sur l’inquiétant surgissement qu’avaient produites dans le New York des années 80 les interventions urbaines de Richard Hambleton. En effet, esquissant de rapides silhouettes bondissantes dans des espaces les plus surprenants, l’artiste avait alors pris la mesure des pulsations, parfois violentes, qui par à-coups réguliers changeront le caractère de cette ville devenue pour un temps un épicentre culturel.

C’est le souvenir de cette étrange énergie que cette exposition se propose d’évoquer en pivotant autour d’un important ensemble d’œuvres de Richard Hambleton et réunissant quatre artistes vivant et travaillant en Suisse.

Hayan Kam Nakache accueille les visiteurs avec de grandes figures murales. Un rien nostalgiques et un brin dépités, de grands pierrots attendent en file indienne sous la verrière comme à l’entrée d’un club.

En reprenant le slogan «The only good system is a sound system», Sylvie Fleury énonce, à l’étage de la galerie, le système de l’accrochage des peintures et dessins s’agglutinant pour former une onde, proche de celle que nous regardions un peu extatiques quand il n’y avait pas grand-chose d’autre à regarder que les équaliseurs de nos chaînes stéréo.

C’est le son aigrelet et saturé de la distorsion qui semble parcourir les œuvres choisies. Si les dessins d’Hayan Kam Nakache amplifient son monde volubile issu de la bande dessinée, dans les œuvres sur papier de Sylvie Fleury éclate une gamme chromatique presque hypnotique, rejoignant en cela l’iconographie envoûtante des peintures d’Andreas Dobler, alors que le calme apparent des monochromes de Stéphane Kropf est déchiré par les effets iridescents de ses pigments.

La légende veut que l’effet de distorsion fut créé par un guitariste qui, de rage de ne pouvoir échapper à la faible amplitude de son matériel, avait envoyé sa guitare sur son ampli, celui-ci fendu donnant un son jamais entendu alors.

Cette exposition voudrait laisser imaginer qu’il est encore des failles, des recoins, des anfractuosités desquels peuvent surgir des images, des sons et des battements qui irriguent le réel d’une énergie allant au-delà de notre impression de saturation.

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